RÉFLEXIONS pour Lc 20:19-26
Pour les Juifs du début du Ier siècle de notre ère, l'impôt à César était un signe humiliant de dépendance envers les Romains. Si le Seigneur avait dit qu'il fallait le payer, on aurait pu L'accuser de manque de patriotisme (alors les grands prêtres seraient soudain devenus patriotes). S'Il avait dit qu'il ne fallait pas le payer, on aurait pu L'accuser d'incitation à la révolte (dans ce cas, les grands prêtres auraient dû se montrer des collaborateurs constructifs des Romains, ce qu'en fin de compte ils firent). La réponse du Christ est frappante d'abord parce qu'Il distingue clairement le domaine de l'organisation terrestre de la vie, auquel appartiennent toutes les formes de pouvoir national et supranational, et le domaine de la vie de l'esprit. Le Seigneur ne rejette pas l'État et n'appelle pas à une réorganisation religieuse de l'administration de l'État. Sa réponse place la vie de l'esprit et le pouvoir séculier sur des plans différents.
D'un côté, cela nous donne la possibilité de voir l'utilité réelle du pouvoir pour assurer la vie normale de la société, comme les apôtres l'écriront en détail. De l'autre côté, la réponse du Christ rend Ses disciples libres de la divinisation du pouvoir et rejette les prétentions des pouvoirs terrestres sur la vie spirituelle des hommes. Pour cette époque, c'était précisément une révélation inouïe, et c'est précisément pour cela que l'État romain persécuta les chrétiens.
Mais le plus important dans les paroles du Christ est l'appel à rendre à Dieu ce qui est à Dieu, à nous soucier de l'accomplissement de nos devoirs envers le Créateur du monde non moins qu'envers ses maîtres temporaires. Et c'est cela le plus difficile.
