RÉFLEXIONS pour Nb 21:1-35
Le chemin vers la terre promise est plein d'aventures, et beaucoup d'entre elles, comme l'histoire des serpents qui attaquèrent le peuple après une nouvelle révolte, les marcheurs se les attirent eux-mêmes. Et cela n'a rien d'étonnant. Suivre Dieu vers la terre qu'Il a promise n'est possible qu'en Le suivant littéralement pas à pas. C'est d'ailleurs ce qui se passait pour l'essentiel : ce n'est pas par hasard que, là même, dans le Livre des Nombres, il est mentionné que tous regardaient la Demeure et la nuée de la présence de Dieu au-dessus d'elle. Quand la nuée se mettait en mouvement, le peuple se mettait lui aussi en mouvement. Sans l'indication de Dieu, personne n'allait nulle part, du moins extérieurement. Intérieurement, c'était plus complexe. L'état intérieur n'est pas si simple à saisir ; là, tout n'est pas aussi évident ni aussi univoque.
On peut suivre Dieu, mais qu'y aura-t-il alors dans le cœur ? Si l'homme, sur le chemin à la suite de Dieu, se montre extrêmement exigeant, cela signifie qu'intérieurement il perçoit son mouvement comme une sorte de service rendu à Dieu, lequel, puisqu'Il a appelé à Le suivre, doit aussi garantir un certain minimum acceptable de confort, et la mesure de l'acceptable, l'homme s'estime d'ordinaire en droit de la déterminer lui-même. Si maintenant nous voulons boire, cela signifie qu'il doit y avoir de l'eau quelque part tout près, et Dieu doit s'en occuper. S'Il ne s'en occupe pas, cela veut dire soit qu'Il nous a abandonnés, soit qu'Il nous trompait dès le début.
Pour l'homme déchu, une telle réaction de méfiance est tout à fait compréhensible et naturelle : c'est simplement le transfert des relations entre les hommes dans le monde déchu sur Dieu et Son attitude envers nous. Pour dire les choses simplement, nous attendons de Lui la même chose que ce que nous avons l'habitude, consciemment ou inconsciemment, d'attendre des personnes qui nous entourent. La méfiance a priori envers l'homme déchu est une chose tout à fait compréhensible, mais cela ne la rend pas moins grave : car elle gêne très fortement les relations avec Dieu, les détruisant en fait aussitôt qu'elles commencent à s'établir.
Le seul moyen de s'y opposer, lorsqu'il s'agit de l'homme déchu, est de le placer dans des conditions de danger réel, où il se trouve face à face avec quelqu'un ou quelque chose qui le menace véritablement. Alors l'homme oublie généralement tous ses préjugés et se jette vers Dieu. Il en fut ainsi pour le peuple lors des affrontements avec les peuples et les tribus dont il devait traverser le territoire : là, il fallait soit faire vraiment confiance à Dieu, soit périr. En temps relativement paisible, le rôle des ennemis était joué par ces mêmes serpents : ils forçaient l'homme à se souvenir de Dieu comme de l'Unique qui peut aider et sauver. La pédagogie est dure, mais la situation est critique : la question de la confiance en Dieu dans le désert est une question de survie, non seulement spirituelle, mais aussi physique.
