RÉFLEXIONS pour Nb 18:1-32
La négligence dans le sanctuaire, pendant le service de Dieu, est considérée comme un péché grave. Par négligence, on entend pourtant souvent des choses que nous associons aujourd'hui plutôt à un formalisme mesquin qu'à quelque chose d'essentiel. Cependant, c'est ici qu'agit cette règle bien connue depuis longtemps, que nous oublions souvent aujourd'hui : dans la vie spirituelle, il n'y a pas de détails insignifiants. Il ne s'agit plus de savoir si telle règle est petite ou importante ; ce qui compte, c'est de savoir si nous la suivons ou non. Le principe est simple : soit la suivre, mais alors avec tout le soin possible, soit l'ignorer, mais alors entièrement.
Une telle approche peut, bien sûr, sembler un perfectionnisme inutile, surtout si l'on tient compte du fait qu'aucun système de règles religieuses n'est jamais parfait et que chacun d'eux est toujours inévitablement en retard sur la vie telle qu'elle existe à un moment précis. Pourtant, il ne s'agit pas ici de la perfection des règles, mais de notre décision et de notre résolution. La question, simplement dit, se ramène à savoir si nous considérons tel ou tel système de règles comme obligatoire pour nous, ou non. On peut bien sûr décider dès le départ que nous excluons pour nous-mêmes certaines normes et certaines règles, mais dans ce cas il faut le décider précisément dès le départ, afin de ne pas les « corriger » ensuite en cours de route. Tout simplement parce que la possibilité même de ne pas accomplir quelque chose selon son bon plaisir relâche, d'abord la volonté, puis l'homme tout entier.
Il est certes difficile d'être parfaitement concentré sur chaque action, chaque parole, chaque pensée, chaque regard jeté sur autrui. Pour une vie spirituelle pleine, cependant, une telle concentration est absolument nécessaire, tout simplement parce qu'on ne sait jamais exactement à quel moment sera requise cette plénitude d'effort intérieur, et peut-être aussi extérieur, qu'il est impossible d'atteindre sans une concentration totale.
Pour ne pas la perdre, il n'y a qu'un seul moyen : apprendre à maintenir constamment en soi le tonus spirituel, de même que, sans même le remarquer, nous maintenons constamment en nous le tonus physique, sans lequel nous ne pourrions fournir aucun effort physique. De la même manière, il est impossible d'accomplir le moindre effort spirituel un tant soit peu sérieux sans maintenir constamment en soi le tonus spirituel. C'est ce que nous rappelle le Livre des Nombres, car ce tonus n'est pas nécessaire seulement aux prêtres qui servaient auprès de la Demeure ou dans le Temple.
