RÉFLEXIONS pour Ap 9:1-12 — le 6 décembre 2025

RÉFLEXIONS pour Ap 9:1-12

Auparavant, la puissance du Royaume n'agissait que sur les éléments naturels. Cette action était, bien sûr, en partie destructrice, mais son but n'était nullement l'anéantissement du monde, mais sa purification : ce n'est pas par hasard que toutes les actions destructrices qui se produisirent au son des trompettes des quatre premiers anges ne touchaient qu'au tiers la partie de la création vers laquelle elles étaient dirigées. Maintenant, l'action de Dieu a touché non plus la nature, même corrompue par le péché, mais la source même du péché : le diable et les forces ténébreuses qui agissent de son côté et sous son autorité. Ce n'est pas par hasard qu'il est dit des « sauterelles » apparues au son de la trompette du cinquième ange que leur « roi » est « l'ange de l'abîme », le maître du séjour souterrain, dont le nom (aussi bien grec qu'hébreu) signifie « destructeur » (v. 11). Et elles sortent d'un lieu appelé le « puits de l'abîme » (v. 1-3). Le mot grec correspondant ne signifie pas seulement abîme ou gouffre ; dans la mythologie grecque, il était associé au royaume souterrain, au monde des ombres, et même à sa partie la plus sombre, qui était précisément la demeure du maître du monde inférieur, appelé dans le livre de l'Apocalypse « l'ange de l'abîme ». Bien sûr, ces êtres sortis du séjour souterrain ne ressemblaient qu'en partie aux sauterelles connues dans notre monde. Leur aspect chimérique rappelle surtout les images de la démonologie traditionnelle des anciennes cultures du Proche-Orient (v. 7-10).

Cependant les souffrances qu'ils infligent aux hommes se révèlent, semble-t-il, tout à fait réelles, réelles au point que ceux qui les éprouvent seraient heureux de mourir, mais, de toute évidence, les tourments qu'ils subissent ne conduisent pas à la mort (v. 5-6). Il est possible qu'il ne soit pas question ici de tourments physiques, bien qu'ils soient comparés aux conséquences d'une piqûre de scorpion, car la piqûre d'un scorpion est mortelle pour l'homme. Pourtant, avant de mourir, la personne piquée se tord dans des convulsions douloureuses, presque hors d'elle-même : tel est l'effet du venin du scorpion. Ces convulsions rappellent en partie celles des possédés, et, en décrivant ce qu'il avait vu, l'apôtre a sans doute recouru à une comparaison bien compréhensible pour ses lecteurs.

Il est intéressant de noter que les « sauterelles » qu'il décrit, contrairement aux véritables sauterelles, ne montrent aucun intérêt pour l'herbe, nourriture principale de leur prototype terrestre (v. 4). Il n'est pas étonnant que le pouvoir de ces esprits des ténèbres échappés du séjour souterrain ne s'étende qu'à ceux qui ne sont pas marqués du « sceau de Dieu » : car ce sont précisément, et seulement, ceux qui n'ont pas une union authentique, vivante et solide avec Dieu qui deviennent accessibles à l'action des forces ténébreuses. Et si, pour la relation avec Dieu, il faut la foi et la confiance, le diable, lui, n'a besoin ni de l'une ni de l'autre : il lui suffit d'avoir accès au cœur de l'homme, dont il n'a nullement l'intention de respecter la liberté.