RÉFLEXIONS pour Nb 16:1-17:15 — le 6 décembre 2025

RÉFLEXIONS pour Nb 16:1-17:15

L'histoire des fils de Coré peut, au premier regard, ne sembler qu'une parabole destinée à renforcer l'autorité exclusive et les prérogatives du sacerdoce dans tout ce qui concerne les sacrifices et le culte. Une histoire instructive : toute tentative de briser le monopole du sacerdoce sur tout ce qui touche au culte est réprimée par Dieu rapidement et résolument. Il en serait bien ainsi, s'il n'y avait quelques autres épisodes que l'on rencontre plus d'une fois dans le Pentateuque. Comme, par exemple, l'histoire du veau d'or. Car alors le peuple voulut le veau avant tout parce que Moïse avait disparu. Le chef avait disparu. Le guide. Celui sans qui l'on ne peut aller nulle part. De quel « sacerdoce universel » peut-on alors parler ?

Maintenant qu'il y a déjà la Demeure, que la tradition s'est au moins quelque peu établie, il est facile d'exiger l'égalité universelle, le droit de chacun à accéder à l'autel. Mais où étaient donc ces « conscients », qui réclament maintenant le droit au sacrifice, au temps de l'histoire du veau d'or ? Il est difficile, bien sûr, de dire exactement où ces gens auraient été alors : l'histoire ne connaît pas le conditionnel. Il y eut cependant une autre histoire, lorsque Moïse monta sur la montagne à la rencontre de Dieu, seul. Seul parce que les autres lui dirent : va plutôt toi-même sur la montagne, et nous resterons ici à attendre, pour ne pas mourir.

Ici, il n'y a plus aucun conditionnel : Moïse monte bien seul sur la montagne. Sur la montagne où seulement on peut devenir prêtre, parce que Dieu est là, là est le lieu de la Présence, et sans rencontre avec Lui on ne devient pas un véritable prêtre. Or, alors, personne ne monta sur la montagne. Personne parmi le peuple, hormis Moïse, n'osa monter vers cet autel. Parce qu'ils comprenaient que là, tout était très sérieux : la fumée couvrait la montagne, on pouvait ne pas en revenir... et, par conséquent, il valait mieux ne pas y aller.

Mais maintenant, quand la Demeure est dressée, tout est complètement différent ; maintenant, aller vers l'autel ne fait pas peur, au contraire, c'est honorable. Maintenant on peut aussi se souvenir du droit de chacun au sacrifice. Seulement, Dieu n'a pas changé. Celui qui avait peur sur la montagne aura peur maintenant aussi, pour peu qu'il comprenne avec Qui il a affaire et Qui est réellement présent dans la Demeure. Ce tremblement de terre, cette terre qui s'est ouverte, mentionnés dans le récit, sont un rappel de la montagne fumante. Un rappel à ceux qui l'ont oubliée en désirant le « sacerdoce universel ».