RÉFLEXIONS pour Is 26:1-6
Décrivant le peuple de Dieu auquel Dieu ouvre les portes de la Jérusalem renouvelée, le prophète parle de lui comme de personnes « justes » et « gardant la fidélité » (dans la traduction synodale, on les appelle « gardant la vérité »), de personnes à la « volonté ferme » ou à la « ferme intention » (ou à l'« esprit ferme » de la traduction synodale). Qu'y a-t-il donc derrière ces définitions prophétiques? Aucun des auteurs bibliques n'a jamais considéré la justice comme propre à l'homme. Dieu seul est juste. Pour l'homme, la justice n'est pas une propriété ni une qualité, mais un état. L'homme peut être juste tant que la justice de Dieu se reflète en lui. Cela est possible si l'homme garde une fidélité inconditionnelle à Dieu; c'est pourquoi le prophète appelle les justes ceux qui « gardent la fidélité ».
Qu'est-ce qui aide donc l'homme à garder fidélité à Dieu? Isaïe répond aussi à cette question: la fermeté de l'intention. Ou la fermeté de la volonté, ce qui, dans ce cas, revient au même. Il ne s'agit pas de la force de volonté au sens où nous avons l'habitude de comprendre cette expression. Par force de volonté, nous entendons habituellement un effort concret, nécessaire dans une situation elle-même concrète. Mais le prophète parle d'une force de volonté qui appartient à l'homme comme propriété inhérente de son « moi » spirituel. La différence est la même que, par exemple, entre un effort musculaire appliqué dans une situation concrète et le tonus musculaire qui appartient en principe à un homme physiquement sain, indépendamment de l'effort fourni. De même qu'une vie physique normale est impossible sans tonus physique, de même une vie spirituelle normale lui est impossible sans tonus de la volonté. La vie spirituelle est avant tout faite de relations qui lient l'homme à Dieu et aux autres personnes, et qui sont impossibles sans tonus de la volonté. Sans ce tonus de la volonté, ces relations ne peuvent être ni stables ni constantes. Dans ce cas, il faudra oublier la garde de la fidélité (qu'elle soit envers Dieu ou envers un homme): un homme sans volonté n'aura tout simplement rien avec quoi la garder. La fidélité, en effet, suppose autre chose que de simples émotions ou des raisonnements théoriques, qui ne demandent généralement pas d'efforts de volonté particuliers.
La fidélité à Dieu, par exemple, exige l'observance des commandements donnés par Dieu, ne serait-ce que parce que, déjà au Sinaï, lors de la conclusion de l'alliance avec Dieu, leur observance avait été prescrite comme condition indispensable de l'alliance conclue. Pas d'observance des commandements, pas d'alliance; pas d'alliance, pas de relations avec Dieu. La fidélité envers Lui, dans ce cas, se révèle purement théorique. Mais la vie avec Dieu, la vie dans le Royaume, n'est pas une théorie, mais une pratique. Et elle est impossible sans la ferme intention de garder fidélité à Dieu et de préserver les relations qui unissent à Lui les fidèles qui cherchent le Royaume.
