RÉFLEXIONS pour Lc 9:51-62
Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous? Précisément en ce que nous sommes des hommes, avec nos réactions «communes à tous les hommes». Les disciples, brûlant de zèle pour le Maître, sont offensés de ce qu'on n'ait pas voulu Le recevoir. Quelqu'un a traité leur Maître comme n'importe quel autre homme: on a refusé l'hospitalité à un voyageur. Et voilà déjà devant nous la «colère juste» qui gronde, car ces simples pêcheurs ne prononçaient sans doute pas calmement les paroles appelant le feu céleste vengeur, même si l'Évangile le rapporte sans émotion (voir Lc. 9:54). Et ces hommes simples s'estiment en droit de venger une attitude si peu accueillante envers leur Seigneur. Peut-être sont-ils mus par les paroles du Christ qui les envoie prêcher: «Et si quelqu'un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, en sortant de là, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville» (Mc. 6:11). Or il s'agissait alors d'eux-mêmes, tandis qu'ici il s'agit de leur Maître! La punition doit donc être proportionnée!..
Et si l'on imaginait que Joseph se soit comporté ainsi lorsque personne ne voulait les accueillir, lui et Marie qui était sur le point d'enfanter? Combien de gens et de maisons auraient été brûlés par le feu?
Il est étonnant que les disciples aient ici la foi que le feu viendra à leur demande! Et la question ne sonne pas ainsi: «Le feu descendra-t-il du ciel si nous le demandons?», mais «Veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume?» (Lc 9:54).
Et comme il est merveilleux que la foi en Dieu et dans le fait que «tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé par Mon Père céleste» s'accompagne d'un dialogue avec le Seigneur! Car Il rejette la proposition des disciples et le leur interdit (Lc. 9:55), dirigeant leurs sentiers sur le droit chemin.
