RÉFLEXIONS pour Nb 8:1-25
La consécration des lévites au service se compose de deux éléments: le rituel de purification lié aux ablutions, et la consécration proprement dite, accompagnée de sacrifices, dont l'un est purificatoire, achevant le processus de purification, tandis que le second est déjà proprement la consécration au service. Une telle succession est tout à fait compréhensible si l'on se souvient du sens principal de l'existence de la communauté sacerdotale comme telle. Ce sens consiste en ceci: dans le peuple de Dieu, à tout moment, il doit exister un certain nombre de personnes consacrées en permanence et, par conséquent, demeurant en permanence auprès de l'autel, dans la présence de Dieu, là seulement où la sanctification est possible.
C'est précisément pourquoi il était interdit aux prêtres, pendant tout le temps du service, de quitter le parvis de la Tente, et plus tard celui du Temple, et c'est aussi pourquoi des règles plus strictes de pureté rituelle leur étaient prescrites. Le parvis de la Tente, comme le parvis du Temple, était un espace sacré; là, la présence de Dieu se dévoilait à l'homme, et l'homme, naturellement, devait se purifier avant d'entrer dans cet espace, surtout pour longtemps. On pourrait se demander pourquoi il fallait encore des purifications supplémentaires, alors que la Torah décrit déjà assez en détail tous les cas où elles sont nécessaires.
Pour nous qui vivons à l'époque du Royaume qui vient, lorsque la mort n'est déjà plus toute-puissante, il est difficile de nous représenter la situation du monde préchrétien. En ce temps-là, le mal et la mort régnaient absolument sur le monde; c'était la mort qui était la réalité dernière, et l'impureté sous toutes ses formes était une manifestation de leur pouvoir. La mort et le mal n'étaient vaincus que par Dieu et seulement là où il était présent; avant la venue du Christ, il choisissait lui-même les lieux de sa présence et les désignait lui-même par cette splendeur que beaucoup voyaient au-dessus de la Tente et dans le Saint des Saints du Temple.
En se trouvant dans le parvis de la Tente ou du Temple, l'homme passait pour un temps du royaume de la mort au royaume de la vie, puis revenait en arrière. Là, près de l'autel, se trouvait alors l'unique lieu sur la terre où la mort reculait devant la vie. Il n'est pas étonnant que vivre là, dans ce royaume de la vie, fût pour l'homme habitué au royaume de la mort une tâche pour le moins non triviale. Voilà pourquoi, comprenant toute la complexité de cette tâche, les serviteurs de l'autel aspiraient à une pureté particulière, afin de ne pas souiller la vie avec laquelle ils entraient en contact.
