RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ap 2:18-29

La situation dans l'Église de Thyatire paraît, au premier regard, énigmatique. Il est question d'une certaine prophétesse nommée Jézabel, que Jésus accuse d'adultère et d'avoir appelé ses disciples, manifestement des chrétiens, à la débauche et à l'apostasie (v. 20). La situation s'est révélée spirituellement si grave qu'une maladie sérieuse a manifestement été permise pour la «prophétesse» et les siens; si elle ne s'était pas repentie de ce qu'elle faisait, cette maladie aurait très bien pu se terminer par sa mort ou par celle de ses enfants (v. 21-23; peut-être est-ce ainsi que cela s'est passé; la Bible ne donne aucune autre information sur le sort de la Jézabel mentionnée ici ni de ses enfants). La mention des «soi-disant profondeurs de Satan», qu'exploraient Jézabel et ses disciples (v. 24), éclaire quelque peu la situation: elle permet de penser qu'il s'agit ici, sinon d'un culte direct des démons, du moins de magie noire. Comment donc une chrétienne a-t-elle pu en arriver là? Et comment une communauté ecclésiale qui n'avait nullement perdu sa sobriété spirituelle a-t-elle pu tolérer cela?

Manifestement, les choses n'étaient pas si simples. Il s'agissait sans doute ici d'une erreur répandue de tout temps, selon laquelle on peut vaincre le diable avec ses propres armes. L'intérêt de Jézabel et de ses disciples pour les «profondeurs de Satan», pour la magie et la démonologie, était sans doute lié précisément à cette «guerre spirituelle». Bien sûr, nous avons devant nous une erreur, et une erreur spirituelle, non simplement intellectuelle, comme c'est le cas par exemple dans les erreurs théologiques ordinaires. L'illusion de pouvoir que donne la magie se révèle fortement exagérée, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une illusion. Mais puisque l'on parlait de «combat spirituel», de «résistance à Satan», la communauté ecclésiale, semble-t-il, n'osait pas condamner sans équivoque la «prophétesse» et ses méthodes. Il n'est pas étonnant que Jésus lui-même ait jugé ce genre de pratique de manière tout à fait claire: le pouvoir sur le monde et la victoire sur les forces des ténèbres ne s'obtiennent pas par la magie; ils deviennent la conséquence du triomphe du Royaume, auquel participe chaque chrétien, pourvu qu'il n'échange pas le Royaume contre des expériences spirituelles douteuses au résultat pleinement prévisible (v. 26-28).