RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Nb 4:1-49

La description de la manière dont il fallait déplacer la Demeure pendant le chemin dans le désert donne à réfléchir. Beaucoup de biblistes, non sans raison, estimaient qu’il s’agissait ici d’un rituel qui, pendant le trajet du Sinaï vers la Transjordanie, jusqu’aux frontières de la terre promise, était pratiquement impossible à observer dans le désert réel. En effet, ce qui est décrit dans le Livre des Nombres ressemble davantage à une procession solennelle, appropriée pendant une fête, précisément comme rituel, et non comme situation de travail pendant une marche.

Cependant tout cela ne change pas le dessein général du Livre des Nombres et de ses descriptions, et ce dessein est lié à cette image générale du peuple qui allait bientôt devoir commencer la conquête de la terre promise déjà à Abraham. Ici, ce n’est pas tant un tableau qu’une icône, et de plus une icône orientale, orthodoxe, toute pénétrée d’un symbolisme particulier, où il est inutile de chercher la vraisemblance picturale des toiles du genre historique. Bien sûr, l’histoire est présente ici, mais seulement comme point de départ, et encore comme un point appartenant davantage à la réalité spirituelle qu’à la réalité historique au sens où parlent de l’histoire les historiens modernes.

Ici, les proportions et la perspective sont correspondantes; personne ne s’étonne aujourd’hui, par exemple, de la perspective inversée de l’icône orthodoxe. Il est clair qu’il faut lire un tel texte en tenant compte lui aussi de sa spécificité; et, dans ce cas, il n’a guère de sens d’essayer de reconstruire le déplacement du peuple dans le désert en tenant compte du rituel décrit dans le Livre des Nombres, qui rappelle davantage une procession religieuse que le passage de nomades d’un campement à un autre.

Ici, il s’agit d’autre chose: de Dieu qui demeure au milieu de Son peuple, «au milieu» de la manière la plus littérale, au centre, au milieu de ce camp militaire décrit dans le livre. Le camp devient non pas simplement un camp militaire de miliciens; c’est désormais le camp de l’armée de Dieu, terrestre, bien sûr, mais déjà un peu et pas tout à fait terrestre: car ils se tiennent tout le temps devant Dieu, et avec Lui à leur tête ils vont au combat, et avec Lui ils remportent la victoire. Ainsi s’accomplit la conquête de la terre, par des hommes conduits par Dieu.