RÉFLEXIONS pour Nb 3:1-51
Le Livre des Nombres décrit clairement toutes les obligations des Lévites auprès de la Demeure, en tenant compte de tous les clans de la tribu de Lévi. Chacun y trouve sa place et sa tâche, et pour chacun cette place est définie clairement et sans ambiguïté. Il peut sembler qu’il y ait là absence totale de liberté, formalisme religieux dont on pourrait facilement se passer. Il nous semble souvent à nous-mêmes que, lorsqu’il s’agit de l’œuvre de Dieu, il n’est besoin ni d’une réglementation précise, ni d’une organisation nette du processus de travail; que là, Dieu «arrangera bien tout Lui-même», puisque c’est Son affaire.
Sans doute, si nous étions des hommes ou des esprits parfaits, il en serait ainsi. Alors il n’y aurait vraiment besoin ni de planification du travail, ni d’organisation extérieure: une indication directe de Dieu, reçue de manière adéquate par ceux qui l’exécutent, suffirait. Nous sommes cependant des hommes déchus, avec toutes les conséquences qui en découlent. En particulier en ce qui concerne l’organisation. Les indications directes de Dieu, malheureusement, nous ne les entendons habituellement pas. Si elles sont transmises par quelqu’un, alors, au minimum, cette seule personne doit déjà être à la tête de toute l’œuvre et doit en porter la responsabilité.
De plus, dans le monde déchu, les rythmes et les algorithmes jouent un grand rôle. Il y a trop d’automatismes dans notre vie, qui apparaissent là et quand nos actions et notre conscience divergent. Auprès de la Demeure, chacun devait être avant tout quelqu’un qui se tient devant Dieu, car tout ce qu’il faisait était fait en présence de Dieu. Cependant, les actions rituelles régulièrement répétées dans le sanctuaire se transforment facilement en routine, devenant ces mêmes automatismes. Mais si l’homme sait d’avance ce qui l’attend précisément, ce qu’il va faire et doit faire devant Dieu, il lui reste davantage de possibilités pour ne pas glisser dans cette routine.
On peut échapper à l’automatisme soit par une imprévisibilité totale, soit par une monotonie absolue, si pénible qu’elle en serre les mâchoires et qu’il est donc impossible de ne pas remarquer; or les automatismes sont justement redoutables avant tout par leur caractère imperceptible. Un rite religieux monotone n’est supportable que dans le cas d’une action pleinement consciente à chaque moment de son accomplissement. Cela, bien sûr, n’est pas donné simplement, mais toutes les conditions pour cela avaient été créées auprès de la Demeure. Le reste dépendait des serviteurs eux-mêmes.
