RÉFLEXIONS pour Lc 19:26-27
Ce sont les paroles finales de la parabole des trois serviteurs qui avaient reçu du maître des sommes différentes et les avaient utilisées différemment. La parabole elle-même est inséparable du contexte dans lequel le Seigneur la prononce. C’est précisément en montant à Jérusalem qu’Il la propose aux disciples, et cela signifie qu’Il compare Sa venue à Jérusalem pour la Passion au retour du maître auprès de ses serviteurs. C’est maintenant que vient le jour de la visite de Dieu, comme le Seigneur Lui-même a nommé ce moment. C’est précisément auprès de la Croix que se découvre ce que tu as fait de la vie que Dieu t’a confiée. Ce n’est pas quand on veut «prendre Jésus par surprise» et «Le faire Roi» que notre fidélité envers Lui est éprouvée. Au contraire, la fidélité à Dieu nous est demandée quand Il est humilié et abaissé devant les hommes, quand le genre humain se moque de son Créateur et Le tourne en dérision.
L’exigence principale adressée dans la parabole aux serviteurs est d’utiliser ce qui leur a été confié en gestion comme le maître lui-même l’aurait fait. L’accroissement même de la richesse remise en gestion n’est pas le plus important: le maître ne formule pas de reproche si la croissance n’est pas très grande. À en juger par ce qui est dit au dernier serviteur, négligent, l’important est précisément la conformité à la manière d’agir du maître. Et un autre aspect essentiel de la parabole consiste en ce qu’aucun des serviteurs n’a même l’idée que l’argent qui leur a été laissé n’appartient pas au maître, mais à eux-mêmes. En réalité, une telle pensée serait manifestement erronée. Puisque l’argent apparaît ici comme le symbole de la vie et des possibilités de l’homme, ce qui est dit peut leur être appliqué. Ni la vie, ni la capacité d’agir dans ce monde ne nous appartiennent en propre: c’est un don que nous recevons de Dieu pour l’utiliser à Son image et à Sa ressemblance. La liberté nécessaire pour cela nous est donnée, mais avec elle nous est imposée la responsabilité de la manière dont nous disposons de la vie qui nous a été donnée.
Le Seigneur nous dit que le destin du don reçu de la vie dépend de la manière dont nous l’utilisons. Celui qui le fait conformément au dessein du Seigneur reçoit en abondance. Celui qui agit autrement perd tout. Ces paroles nous effraient et suscitent souvent la protestation. Le sort du serviteur négligent nous fait peur, et c’est pourquoi le jugement du maître nous paraît injuste. Mais l’argent dans la parabole, et notre vie dans la réalité, ne nous appartiennent pas; il n’y a donc qu’une seule manière de ne pas subir le sort du serviteur négligent, à savoir être fidèle. C’est un choix qu’il faut faire et dont il faut répondre; mais on ne peut tout de même pas refuser cette responsabilité.
