RÉFLEXIONS pour Lv 27:1-34
On peut consacrer à Dieu tout, jusqu’à sa propre vie. À vrai dire, à une condition indispensable: ce qui Lui est consacré l’est pour toujours. On peut bien sûr racheter soi-même et ses biens, mais un tel rachat est admis plutôt à cause de la faiblesse de l’homme, qui n’est pas capable de tenir jusqu’au bout ses propres vœux. La logique est claire: ce qui est consacré à Dieu est sanctifié par Lui, devenant partie de cet espace sacré qui, sur la terre avant la venue du Christ, existait dans les lieux choisis par Dieu et indiqués par Lui. Consacrer quelque chose à Dieu signifiait le sanctifier, en faire une partie du monde de Dieu. Peut-on alors rendre ce qui a été consacré à l’existence ordinaire?
Parfois on le peut, mais ce qui reviendra ne redeviendra jamais comme avant. La rencontre avec Dieu est toujours irréversible; elle change pour toujours l’homme et tout ce que Dieu touche. Ni l’homme qui s’est consacré à Dieu, ni quoi que ce soit d’autre sanctifié par Lui, ne pourra jamais revenir à l’état où il se trouvait avant l’action sanctifiante de Dieu. Quant au rachat de ce qui est consacré à Dieu, c’est plutôt une concession faite à l’homme. Si l’homme veut reprendre ce qui a été consacré, que ce soit sa propre vie ou ses biens, eh bien, il est libre.
Il faudra toutefois racheter ce qui a été consacré, payer pour cela. Au premier regard, il ne s’agit ici que de compenser au sacerdoce ce dont il est privé lorsque celui qui s’est consacré, ou a consacré à Dieu quelque chose qui lui appartient, reprend ensuite ce qui a été consacré. En réalité, cependant, tout n’est pas si simple. Il n’y a pas seulement une compensation matérielle; il y a aussi un rappel à l’homme des obligations qu’il a prises sur lui en consacrant à Dieu lui-même ou quelque chose de ce qui lui appartient.
Un tel rappel, bien sûr, en appelle davantage aux finances de l’homme qu’à son cœur; mais si l’homme reconnaît déjà qu’il n’est pas capable d’accomplir ce qu’il a promis à Dieu, cela signifie qu’un appel au cœur n’a plus guère de sens. Celui qui reprend à Dieu ce qu’il Lui a consacré comprend parfaitement lui-même tout cela, à moins, bien sûr, qu’il ne se soit définitivement endurci spirituellement. Un paiement ordinaire pour ce que l’on reçoit de Dieu en retour suffit ici pleinement. Mais si l’homme s’est endurci au point de ne rien comprendre, alors le paiement devient réellement pour lui seulement une compensation matérielle aux prêtres pour ce qu’il leur reprend. À chacun son lot.
