RÉFLEXIONS pour Dn 12:1-4
La vision du visionnaire apocalyptique dont nous ignorons le nom, rapportée dans le Livre de Daniel, s'achève par le tableau de la résurrection universelle et du dernier Jugement (v. 1-4). Il est aujourd'hui impossible de dire exactement quand se sont formées dans la Synagogue les représentations de la résurrection et du Jugement qui se reflètent dans le Livre de Daniel. Apparemment, leur formation commence déjà avant l'exil, aux temps des prophètes tardifs et sous l'influence de leur prédication, puis elle s'achève et prend une forme plus ou moins complète après les campagnes d'Alexandre le Grand, à l'époque hellénistique. Quoi qu'il en soit, au milieu du IIe siècle av. J.-C., lorsque furent mis par écrit les textes qui entrèrent ensuite dans le Livre de Daniel, cette représentation était déjà généralement admise dans la Synagogue. Et Dieu révèle au visionnaire anonyme que le Jugement n'est pas une invention, ni une allégorie, ni un symbole: il est absolument réel, tout comme est réelle la résurrection d'entre les morts, cette pleine victoire sur la mort sans laquelle le triomphe du Royaume est impensable.
Mais la résurrection universelle n'est pas seulement le triomphe de Dieu sur Ses ennemis et le triomphe de la vie du Royaume sur la mort qui règne sans partage dans le monde non transfiguré. C'est aussi une chance donnée à chacun, la dernière chance de rencontrer Dieu face à face, de recevoir une réponse à toutes ses questions, de résoudre toutes ses perplexités, de demander pardon pour tout ce dont on n'a pas eu le temps ou pas jugé nécessaire de se repentir pendant le chemin terrestre. Et le choix définitif: être avec ceux qui sont prêts à partager avec Dieu Sa vie et Son Royaume, ou tout perdre, désormais pour toujours (v. 2).
C'est alors que sera révélé à tous et à chacun ce qu'ont accompli les «sages» mentionnés dans la révélation au sujet des justes persécutés: ce n'est pas un hasard s'ils sont comparés aux étoiles du ciel, dont la lumière est visible à tous. Dans l'Antiquité, beaucoup pensaient que les étoiles, comme la Lune, brillaient de la même lumière que le Soleil, seulement cette lumière était moindre dans la Lune que dans le Soleil, et moindre dans les étoiles que dans la Lune. Et les justes, au jour du Jugement et du triomphe de Dieu, brillent de la lumière de Dieu; mais, bien sûr, leur lumière ne peut éclipser l'éclat de Dieu. Ainsi s'achève, au jour du Jugement et du triomphe de Dieu, le chemin des justes qui ont gardé jusqu'au bout leur fidélité à Dieu.
