RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lv 23:1-44

Aujourd'hui, dans le milieu juif, et aussi dans le milieu chrétien, on discute beaucoup du sens des fêtes juives traditionnelles. S'agit-il d'une simple sanctification du cycle agricole annuel ordinaire ou d'une philosophie particulière ayant un sens autonome? Il n'y a pas de réponse univoque. D'un côté, il s'agit sans aucun doute du cycle agricole traditionnel. Il importe en outre de tenir compte du fait que toutes les fêtes énumérées ne sont pas également anciennes.

On peut penser, par exemple, que Pessah et Yom Kippour, ou quelque prototype de celui-ci, existaient chez les Hébreux, plus exactement chez les descendants d'Abraham, avant même leur installation en Égypte, tandis que les autres fêtes traditionnelles apparurent déjà après la conquête de la Palestine, lorsque les anciens nomades se sédentarisèrent assez rapidement et assimilèrent l'agriculture. Il s'agit très clairement de la sanctification de l'année agricole et rurale, ce qui était absolument nécessaire; sans cela, le paganisme local, déjà influent, aurait définitivement pris le dessus sur le yahvisme.

En même temps, dans le cycle festif yahviste, on discerne une symbolique qui, déjà dans l'interprétation juive, permit de le présenter comme le chemin spirituel du peuple vers la terre promise, comme son actualisation qui se répète chaque année encore et encore: depuis les huttes de la fête de Soukkot, symbolisant le désert, en passant par Pessah, qui rappelle l'Exode, jusqu'à la terre avec ses fruits que Dieu sanctifie pour Son peuple. À y regarder de plus près, l'un ne contredit guère l'autre. En effet, Dieu a donné la terre au peuple à la condition que le peuple Lui reste fidèle; il ne s'agit pas d'un transfert en propriété, mais plutôt d'une possession, et à des conditions bien déterminées.

Ces conditions supposaient une relation avec Dieu, qui ne peut exister hors de la dynamique donnée par les seconds sens du cycle festif traditionnel, car il s'agit du renouvellement continu de cette relation, sans lequel elle se dégrade inévitablement. Or la fécondité de la terre entrait aussi dans cette relation; elle était d'autant plus féconde qu'elle était plus remplie de grâce, d'autant plus que la présence de Dieu s'y manifestait. Dieu n'a pas créé seulement l'esprit de l'homme, mais aussi sa nature, de même qu'Il a créé toute la nature en général. C'est pourquoi elle est liée en une unité avec la vie spirituelle de l'homme, de sorte qu'on ne peut les séparer, si cela est possible, que pour la commodité de l'examen et de la description.