RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lv 20:1-27

En lisant le Livre du Lévitique, on remarque facilement que tout ce qui touche d'une manière ou d'une autre à la débauche, à l'infidélité conjugale et, plus généralement, à la violation du septième commandement, y voisine souvent avec la mention de réalités comme les cultes païens, la magie, le spiritisme, la médiumnité et autres choses semblables. Pour ce qui est de ces réalités, on peut parler d'une violation du premier et du deuxième commandement: ce sont précisément eux qui interdisent aux yahvistes croyants aussi bien la participation aux cultes païens que toutes sortes de pratiques liées à une spiritualité obscure comme celles qui viennent d'être mentionnées. Pourquoi donc les violations liées à la sphère sexuelle se trouvent-elles dans ce livre à côté de la violation du premier commandement, et en même temps du deuxième?

La réponse la plus simple et la plus évidente est que beaucoup de cultes païens de l'Antiquité supposaient une violation directe du septième commandement; c'était le cas, par exemple, de la prostitution rituelle liée au culte de la Grande Déesse, répandu partout au Proche-Orient, y compris en Palestine. Il y avait cependant encore autre chose, qui liait la débauche et la magie plus profondément qu'il ne peut sembler au premier regard.

Il s'agit de cette force donnée par Dieu à l'homme pour la vie, de cette énergie sans laquelle la vie est tout simplement impossible. Du point de vue biblique, l'homme est une «âme vivante»; or, dans la Bible, l'âme n'est pas une structure statique, mais un flux, une dynamique. Cette dynamique est la manifestation de la force vitale donnée par Dieu à l'homme, et ses formes peuvent être très diverses.

La vie sexuelle est elle aussi l'une de ces formes; c'est pourquoi elle est bénie par Dieu, mais seulement lorsqu'elle ne devient pas une fin en soi, seulement tant qu'elle demeure une partie organique de cette plénitude de relation entre deux personnes que l'on appelle le mariage. Si l'homme utilise la sexualité exclusivement comme un instrument destiné à se procurer du plaisir, il abuse ainsi des possibilités que Dieu lui a données, gaspillant en vain la force qui lui a été accordée pour atteindre la plénitude de la vie.

Toutes les formes de magie constituent le même abus, tout comme, plus généralement, toutes les tentatives d'utiliser la force de Dieu présente dans la création pour ses propres fins, sans s'adresser à Dieu et sans demander Sa bénédiction. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit d'un abus des possibilités données à l'homme par Dieu, avec les conséquences correspondantes.