RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Дан 7:15-28

Ce que Daniel avait vu exigeait pourtant des explications, qu'il demanda à l'un de ceux qui se tenaient devant le trône de Dieu (v. 15-16). Du reste, l'essentiel de la vision se révéla extrêmement simple, et l'interlocuteur de Daniel lui expliqua l'essentiel presque littéralement en deux mots (v. 17-18). Mais Daniel, non pas le Daniel des anciennes traditions, mais Daniel le héros du livre, fut naturellement surtout intéressé par le dernier des quatre « royaumes » : c'est précisément à cette époque que vivait l'auteur du livre de Daniel (v. 19-22).

D'après les explications reçues, il s'agit du grand empire créé par Alexandre le Grand, qui d'ailleurs se désagrégea avant même d'avoir vraiment pris forme : Alexandre mourut sans avoir eu le temps d'organiser une administration normale des terres conquises. Mais son apparition fut réellement la conséquence de l'« absorption » d'immenses territoires, depuis la Grèce continentale à l'Ouest jusqu'à l'Inde à l'Est, et de l'« écrasement » de nombreux États auparavant puissants, y compris le plus grand empire de ces temps-là, l'empire perse (v. 23). Dans les dix rois, il n'est alors pas difficile de voir les successeurs d'Alexandre le Grand, qui se partagèrent après sa mort le pouvoir et l'empire, ainsi que leurs héritiers, dont l'un, le souverain de Syrie Antiochos Épiphane, vainquit réellement, ou « humilia », ses voisins et rivaux après une longue guerre (v. 24).

Dans les trois autres « royaumes », avec une telle explication, il n'est pas difficile de reconnaître les grands empires qui se succédèrent avant l'empire d'Alexandre : l'empire des Assyriens, l'empire des Babyloniens et l'empire des Perses. On le voit, l'histoire terrestre s'achève avec le règne d'Antiochos, qui lance ouvertement un défi à Dieu en profanant le Temple et en contraignant les Juifs à adorer des dieux païens. C'est précisément de cela que parle l'interlocuteur à Daniel lorsqu'il mentionne l'« oppression des saints » et l'enlèvement des « fêtes et de la Torah », les « temps et la loi » de la traduction synodale, v. 25.

Il mentionne aussi une durée de trois ans et demi, car c'est ainsi qu'il faut comprendre l'expression « un temps, des temps et la moitié d'un temps » : dans l'usage hébreu et araméen, « temps » désigne une année, et la traduction « des temps » reflète la forme du duel employée dans l'original, supposant une période de deux ans. Pendant cette durée, le Temple restera profané ; grâce au livre de Daniel, cette durée est devenue symbolique pour désigner l'époque de l'apostasie universelle et du triomphe temporaire de ceux qui s'opposent à Dieu. Mais aussitôt après ce triomphe temporaire des forces des ténèbres vient le jour du Jugement (v. 26) et du triomphe du peuple de Dieu (v. 27).

Qu'il ne s'agisse pas simplement d'une victoire militaire ou politique des adversaires d'Antiochos ressort clairement de la vision elle-même (v. 9-10) : Daniel voit sans aucun doute le même Trône de gloire que virent les autres prophètes, avec le Tout-Puissant qui y siège, de sorte que les juges assis devant le trône jugent en Son nom et par Son mandat. Et le « peuple des saints du Très-Haut » (v. 27) triomphe, manifestement, avec la venue du Messie, qui précisément dans le livre de Daniel est appelé pour la première fois Fils de l'homme, recevant le pouvoir du Tout-Puissant, l'« Ancien des jours » (v. 13-14). Ainsi se révèle au héros du livre de Daniel le triomphe du Royaume de Dieu et du Messie sur les royaumes de ce monde.