RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Lc 10:22-24

Le mystère insondable de l'incarnation du Fils de Dieu n'a pas été révélé à l'humanité pendant de longs siècles, et le fait que nous puissions aujourd'hui ne serait-ce qu'en entendre parler est une grande miséricorde. Dans la brève lecture évangélique d'aujourd'hui, le Seigneur dit aux disciples que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir cela, et ne l'ont pas vu. Ce n'est qu'en figures, « comme dans un miroir », selon l'expression de l'apôtre Paul, qu'ils décrivaient la venue du Christ, parce qu'il leur était impossible même d'imaginer l'incarnation de l'Infini.

Ce n'est que de temps à autre, en réponse aux questions douloureuses sur le sens de la vie et de la souffrance, que les prophètes, comme Jérémie ou l'auteur du livre de Job, entendent de Dieu l'annonce qu'Il viendra Lui-même aux hommes. Ce n'est que dans la grande tension de l'attention de l'esprit humain, « sur la garde divine », selon les expressions du prophète Habacuc et de saint Jean Damascène, que ce mystère se révèle. Et le fait que nous ayons la possibilité de tenir entre nos mains et de lire l'Évangile est un don incomparable, pour lequel il faut rendre grâce et dont il faut faire usage.

Le Seigneur souligne encore aux disciples un autre aspect important de ce mystère : pour saisir le mystère de l'incarnation de Dieu, comme d'ailleurs pour Le rencontrer en général, les efforts intellectuels ne suffisent pas. C'est précisément une Révélation, donnée dans la rencontre personnelle avec Jésus de Nazareth.