RÉFLEXIONS pour Dn 4:1-34
La lecture d’aujourd’hui contient la description de l’une des prophéties de Daniel. Cette prophétie, à ce qu’il paraît, représente l’interprétation du sens d’un songe vu par Nabuchodonosor (v. 4-18). Cette forme de prophétie, quelque peu inhabituelle, était sans doute liée au fait que Dieu voulait révéler quelque chose d’important directement à celui que cela concernait ; or Nabuchodonosor n’était pas un visionnaire, et il ne pouvait percevoir la vision qui lui était ouverte que dans le sommeil. Mais la perception seule ne suffit pas : il faut encore comprendre le sens de ce qui a été vu, et là, la seule réceptivité mystique ne suffit plus ; pour comprendre le sens, il faut précisément le don prophétique, le don d’une perception directe et consciente de la révélation venant de Celui qui envoie les visions. C’est pourquoi Nabuchodonosor eut besoin d’un prophète qui lui explique le sens de ce qu’il avait vu. Et ce sens, à ce qu’il paraît, se révéla si terrible que Daniel n’osa pas aussitôt tout dire au roi (v. 19-26). Mais il fallut tout de même le dire, et alors Daniel, comme il est propre aux prophètes, attira l’attention du roi sur ce qui aurait pu détourner de lui la menace suspendue au-dessus de lui (v. 27).
Comme on le voit, ici encore Daniel demeure précisément un prophète, sans devenir un voyant ou un devin païen : il sait que dans la vie de l’homme rien n’est rigidement prédéterminé, que l’avenir de chacun dépend de son choix, et que, si le choix est juste, cela peut empêcher même un malheur qui paraît inévitable. Mais Nabuchodonosor, à ce qu’il paraît, ne fut pas capable de tirer la conclusion de ce que Daniel avait dit, et il dut alors vivre tout ce dont Dieu l’avait averti par Son serviteur (v. 28-36). Extérieurement, cela ressemblait apparemment à un trouble psychique grave qui dura sept ans (« sept temps », dans l’usage hébreu et araméen, signifie « sept ans »). Des allusions vagues à la maladie de Nabuchodonosor ont été conservées dans les chroniques babyloniennes. Mais l’auteur du livre de Daniel avait sans aucun doute en vue aussi les événements de son temps : l’allusion à l’orgueil des souverains qui les conduit à la folie était tout à fait transparente dans le contexte des prétentions d’Antiochos Épiphane non seulement à la dignité royale, mais aussi à la dignité divine. Nabuchodonosor, qui tira les bonnes conclusions de sa maladie (v. 37), devait, selon l’intention de l’auteur du livre, devenir un exemple pour les souverains de son époque.
