RÉFLEXIONS pour Ac 17:32
La réaction des amateurs athéniens de philosophie aux paroles de Paul sur la résurrection est révélatrice : ils commencent à se moquer de lui. On pourrait bien sûr attribuer cela au fait que Paul essayait pour la première fois de prêcher dans un milieu sans aucun lien avec la Synagogue, un milieu pour lequel des mots comme « Jugement », « Messie », « Royaume » étaient vides de sens. Mais est-ce seulement cela ? Car même là, il s’en trouva tout de même deux qui surent entendre et au moins voulurent comprendre. Il ne s’agissait donc pas seulement d’un milieu peu habitué à ce genre de témoignage.
Il s’agissait, à ce qu’il paraît, aussi de l’atmosphère même de ce type d’assemblées, dont l’aréopage d’Athènes était sans doute la plus célèbre dans l’Antiquité. Et le problème ici n’est pas la philosophie en tant que telle. Le problème, ce sont les philosophes, ou plutôt ceux qui se considéraient comme tels. Et le problème est d’abord que, pour les amateurs athéniens de sagesse, la philosophie avait depuis longtemps cessé d’être une quête de la vérité, comme elle l’avait été pour ceux que ces gens considéraient comme leurs prédécesseurs spirituels. Pour Socrate, sa philosophie était une question de vie et de mort, et un jour il donna sa vie pour la vérité qu’il avait découverte. Pour ceux qui écoutaient Paul, la philosophie n’était qu’un passe-temps intellectuel intéressant. Aucun d’eux n’avait seulement l’intention de donner sa vie pour quelque vérité que ce soit ; de manière générale, ils ne s’imaginaient sans doute pas que la philosophie puisse devenir pour eux la source d’un quelconque inconfort vital.
Et voilà que, dans les paroles de Paul, ils ont dû percevoir une certaine gravité. Cette gravité même que sent parfois même le lecteur ou l’auditeur désœuvré derrière les paroles lues ou entendues. Cette sensation peut ne pas être très claire ni distincte, mais elle permet de comprendre que ce qui a été lu ou entendu exige désormais une réponse. Si l’on commence à lire ou à écouter attentivement ces paroles mêmes, elles changeront nécessairement et irréversiblement ta vie. La réaction à de telles paroles peut être soit un éveil spirituel, lorsque celui qui lit ou écoute, secouant sa demi-somnolence intellectuelle, commence à lire ou à écouter de plus en plus attentivement, essayant de comprendre ce qu’il doit faire ensuite, soit le rejet de ce qui a été entendu et lu, afin que rien ne trouble plus à l’avenir le repos habituel. Deux personnes se sont éveillées aux paroles de Paul. Est-ce beaucoup ou peu ? Dieu le sait. Quoi qu’il en soit, le premier pas était fait.
