RÉFLEXIONS pour Lv 9:1-24
La consécration des prêtres au service se compose de deux éléments principaux. Le premier est un sacrifice de purification spécial, le second est le « sacrifice de paix ». Rien d'étonnant à cela, si l'on se rappelle le sens du service sacerdotal et de l'existence même du sacerdoce. Le sens de son existence consistait en ceci : dans le peuple juif, qui, selon le dessein de Dieu, devait être un peuple-communauté, il fallait toujours qu'il existe une certaine communauté dans la communauté, demeurant sanctifiée en permanence, et non se sanctifiant périodiquement comme la majeure partie du peuple.
C'est précisément pourquoi les prêtres, pendant leur service, ne devaient pas s'absenter de la cour de la Tente ou du Temple. Après la fin de leur service, bien entendu, ils quittaient la cour sacrée et rentraient chez eux, mais d'autres venaient aussitôt les remplacer ; et alors, à leur tour, c'étaient eux qui devenaient la communauté sanctifiée dans la communauté. En venant à la Tente ou au Temple, les prêtres franchissaient comme une ligne invisible, une ligne qui séparait l'espace sacré, l'espace dont le centre était la présence de Dieu qui le déterminait directement, du reste du monde, où la présence de Dieu était cachée et qui, pour cette raison, existait autrement, non comme l'espace sacré.
Pour franchir cette limite, le prêtre devait se purifier et se sanctifier séparément, d'une manière particulière. Au fond, il devait lui arriver précisément ce qui, selon le dessein de Dieu, devait arriver auprès de l'autel à tout homme qui y venait : la volonté de celui qui venait devait être tournée vers Dieu, et la force de Dieu devait purifier sa nature du péché et la sanctifier par les sacrifices correspondants.
Idéalement, toute la vie ultérieure de l'homme ainsi purifié et sanctifié devait devenir autre ; elle devait déjà suivre d'autres lois, l'homme devait acquérir une nouvelle qualité spirituelle de vie et ne plus la perdre, où qu'il fût et quoi qu'il fît (bien entendu, à l'exception du péché, qui était totalement exclu dans une telle vie).
En réalité, cependant, l'homme, même après avoir été purifié et sanctifié, ne pouvait ensuite conserver cette nouvelle qualité spirituelle de vie, retombant bientôt en arrière, vers son état antérieur. Les prêtres avaient ici un avantage : ils ne s'éloignaient pas de l'autel, ne quittaient pas l'espace sacré pendant tout le temps de leur service. Là, auprès de l'autel, ils pouvaient, s'ils s'y efforçaient, réaliser localement et pour un temps ce qui, idéalement, était destiné à chacun comme norme de vie. Dans les faits, bien sûr, les choses se passaient diversement, mais l'important est que la possibilité d'une vie spirituelle pleine était donnée aux prêtres qui demeuraient auprès de l'autel ; le reste dépendait déjà d'eux-mêmes.
