RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lv 7:1-38

On pouvait manger la viande sacrificielle non seulement dans la cour de la Tente ou du Temple, mais aussi à la maison. Dans le cercle de la famille et des amis. En effet, l'homme est sanctifié auprès de l'autel non pour que cette sainteté reste là, auprès de l'autel. Tout le sens de la sanctification est justement d'emporter la sainteté avec soi. Dans la vie ordinaire. Dans ce quotidien même qui a tout particulièrement besoin d'être sanctifié, et qui en avait d'autant plus besoin en ces temps où Dieu n'était présent que là où il était présent, et où le monde entier n'était pas encore dans la présence de Dieu, comme il l'est devenu après la venue du Christ.

Cependant, même alors, il existait certaines limites. Pendant deux jours, il était permis de manger la viande sacrificielle ; ce qui restait le troisième jour devait être brûlé. Non parce qu'au troisième jour elle se serait gâtée : une viande bien rôtie ou cuite sur les braises pouvait se conserver assez longtemps.

Il ne s'agissait pas de la viande, mais de l'homme. Du fait que l'homme ne pouvait pas garder l'état de sanctification qu'il recevait auprès de l'autel. Rien d'étonnant à cela : car il s'agit précisément d'un état, et d'un état qui, par nature, n'est pas propre à l'homme déchu. Pour garder ce qui avait été reçu auprès de l'autel, ou, plus exactement, pour s'y maintenir, il fallait fournir des efforts particuliers. Ceux que nous appelons aujourd'hui d'ordinaire ascétiques, et dont nous savons rarement quelque chose de précis. Or, à l'époque où furent donnés les préceptes cités dans ce chapitre du Livre du Lévitique, il n'était pas encore question d'ascèse.

Alors l'homme était sanctifié et devenait autre ; et l'expérience montrait qu'il tenait un jour, deux au maximum : il pouvait encore se garder de la chute, de la perte de ce qu'il avait reçu, du retour à son ancien état ordinaire, qui n'avait rien à voir avec la sainteté. Mais le troisième jour, et là, hélas, encore l'expérience, l'homme redevenait inévitablement comme avant. Il ne pouvait donc plus, il ne devait plus manger la viande sacrificielle, nourriture sanctifiée, comme une nourriture ordinaire.

Non, bien sûr, parce que la viande cessait d'être sanctifiée : la viande est la viande, elle n'a pas de libre volonté et ne peut pas choisir. L'homme, lui, le peut, et sa volonté, son recueillement intérieur, sa concentration ne suffisaient pas pour qu'il reste tel qu'il était dans la cour de la Tente ou du Temple, lorsqu'il s'approchait de l'autel. C'est là que la profanation devient possible : l'homme entre en contact avec une nature sanctifiée sans être spirituellement prêt à un tel contact. Un tel homme cesse inévitablement de faire partie du peuple de Dieu, du moins s'il le fait délibérément.