RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Lc 12:35-38

L'appel à veiller revient très souvent dans l'Évangile. Entre autres parce qu'être toujours sur ses gardes, toujours se rappeler pourquoi et comment nous vivons, est un labeur insupportable. Insupportable parce que nous vivons dans le temps, tandis qu'il faut veiller dans l'attente de l'éternité.

Après avoir rencontré Dieu, nous sommes tellement éblouis par lui que, les premiers temps, un rappel aussi fréquent de notre inconstance nous paraît risible. Mais le temps passe, et il devient de plus en plus difficile de garder cette tension intérieure des premiers jours de la foi. Comme les premiers chrétiens, nous comprenons soudain que nous attendons avec impatience le second avènement, mais non plus depuis un jour ou deux, plutôt depuis dix, vingt ans ; et combien de décennies encore de cette vie lourde et terrible nous faudra-t-il pour l'attendre ? Et lui ne cesse de dire : « Veillez, ne vous relâchez pas, soyez prêts. L'essentiel, soyez prêts. »

Comme il est lourd d'être prêt. Chaque jour, se rendre compte qu'il faut attendre sa venue à lui, et non autre chose. Comme on voudrait mettre de l'ordre une fois pour toutes. Mais même si l'on cessait de bouger et qu'on restait assis sans remuer, il n'y aurait pas de désordre, certes, mais on se couvrirait de poussière. Et il faudra tout de même, jour après jour, dans l'attente de la venue du Christ, remettre de l'ordre, essuyer la poussière, laver les sols et attendre qu'il vienne.