RÉFLEXIONS pour Lc 7:36-50
Tous les livres bibliques nous parlent de deux chemins spirituels : le chemin de la justice, qui mène à la vie, et le chemin du péché, qui mène à la mort. Et voici que maintenant, lorsque le Messie est venu, il apparaît soudain que la situation n'est pas si univoque, que tout pécheur ne suit pas le chemin du péché et que tout juste ne se tient pas sur le chemin de la justice aussi solidement qu'il le pense.
D'ailleurs, si l'on y réfléchit, il n'y a là rien d'étonnant : car il n'existe pas dans le monde de justes absolus, totalement étrangers au péché, en dehors du Christ. C'est pourquoi la justice, par définition, n'est qu'un état relatif, qui dépend de la plénitude et de l'intensité de la communion avec Dieu accessible au juste. La justice est comme la respiration : elle n'est jamais statique ; si la communion avec Dieu cesse, elle disparaît, comme disparaît la respiration chez celui qui a cessé de respirer.
Alors il apparaît que le pécheur qui se repent est plus proche de la justice que le prétendu juste qui contemple sa propre justice et condamne les autres. En effet, pour se repentir, pour demander pardon du péché commis, il faut au minimum se tourner vers Dieu, et donc établir avec lui ces relations mêmes sans lesquelles il n'y a pas de justice. Dès lors, on peut considérer que l'affaire est faite : car Dieu n'a besoin que d'établir des relations avec nous ; ensuite, il trouvera le moyen et la possibilité de résoudre tous nos problèmes. Il lui suffit seulement d'entrer dans notre coeur, et alors peu importe déjà ce qui deviendra la cause de notre ouverture à lui. Même si cette cause est le regret du péché commis et le repentir de celui-ci, il trouvera comment accomplir dans notre coeur le travail spirituel dont nous avons besoin pour notre salut.
