RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour 2Tm 3:14-4:5

En achevant son exhortation à Timothée, Paul l'appelle encore et encore à ne pas abandonner le ministère qui lui a été confié, dont le sens est le témoignage et la fidélité à ce qui constitue le fondement de la vie chrétienne. L'Écriture sainte, que Timothée, selon le témoignage de l'apôtre, a étudiée depuis l'enfance (v. 14–17), doit l'aider en cela. Paul ne précise pas, manifestement, de quels livres il parle, mais il n'est pas difficile de deviner qu'il pense avant tout à cette partie du canon juif appelée dans le judaïsme les « prophètes postérieurs ». Elle reposait sur les écrits des prédications des grands prophètes d'Israël, qui témoignaient notamment du Messie à venir et de l'avènement du Royaume messianique. Mais l'apôtre, fidèle à sa compréhension de la Torah, rappelle à son disciple que toute l'Écriture sainte est utile pour former à la justice (v. 16 ; dans la traduction synodale, « pour l'instruction dans la justice »). Pour Paul, l'Écriture sainte n'est pas une source d'idées servant à fonder telle ou telle doctrine religieuse, mais une boussole spirituelle qui aide les fidèles à s'orienter sur la route du Royaume afin de ne pas s'écarter du chemin de la justice.

Or, à en juger par les paroles de l'apôtre, beaucoup voudront les détourner de ce chemin, d'autant plus que le temps est déjà proche où beaucoup seront eux-mêmes heureux de se tromper en écoutant des maîtres qui disent ce qu'il est agréable à leurs disciples d'entendre (v. 3–4). Cette mauvaise foi spirituelle massive peut paraître étrange au premier abord, mais elle devient plus compréhensible si l'on se rappelle les traits de la nature humaine déchue, qui cherche généralement à éviter tout ce qui peut lui causer douleur ou inconfort, fût-ce en vue de sa guérison. Paul a pourtant déjà souvent dû dire et écrire que quiconque veut non seulement parler de la Torah, mais la suivre sérieusement, devra aller contre sa propre condition pécheresse, processus qui ne paraîtra à personne ni facile ni agréable. La vie spirituelle n'est pas jouissance intellectuelle ni exaltation religieuse, mais chemin de résistance au mal. Et ce chemin est bien plus difficile que celui du théologien théoricien ou du militant religieux : l'un comme l'autre peuvent jouir des fruits de leur travail dès ce monde, tandis que le juste ne les verra qu'au terme d'une route longue et difficile. Il n'est pas étonnant que beaucoup préfèrent au chemin de la justice, qui mène au Royaume, d'autres chemins plus faciles, vers lesquels les appellent les maîtres mentionnés par Paul. Mais les « fables », même les plus colorées et captivantes, ne remplacent pas la vie véritable, et l'apôtre rappelle à son disciple le ministère que l'Église lui a confié : le ministère du témoin qui indique aux chercheurs le chemin du Royaume.