RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lv 4:1-35

Outre le sacrifice de paix, il existait dans le yahvisme des sacrifices purificatoires particuliers. On les appelait de diverses manières, la traduction synodale les nommant d'ordinaire « sacrifice pour le péché » ou « sacrifice de culpabilité », mais le sens de tout sacrifice de ce type était unique : purifier l'homme, le délivrer de l'impureté devenue conséquence du péché commis. Dans le yahvisme, on regardait le péché non seulement et même non pas tant comme quelque chose d'immoral, mais comme une souillure, comme ce qui souille l'homme et le prive de la possibilité de la communion avec Dieu.

La transgression du commandement était terrible non parce que l'homme violait une norme, fût-elle donnée par Dieu, mais parce qu'ainsi il se coupait de Dieu, dressait entre Lui et lui-même un mur qu'il n'était pas facile ensuite de briser. Le sacrifice purificatoire devait précisément briser le mur construit par l'homme. À la différence du sacrifice de paix, le sacrifice purificatoire supposait une prière de repentir et la confession du péché commis, confession publique, en présence de tous ceux qui s'étaient rassemblés autour de l'autel pendant le sacrifice de purification.

Le pénitent ne participait pas alors au repas sacrificiel : tous les présents pouvaient y participer, sauf lui. On se contentait de l'asperger du sang sacrificiel. Cela se comprend : on supposait que la sanctification pleine d'un homme non purifié, et donc non délivré des conséquences du péché commis, était impossible. Le repentir et l'aspersion du sang délivraient l'homme du péché et de ses conséquences.

Mais seulement si le péché était involontaire, si l'homme l'avait commis par faiblesse ou par ignorance, par exemple. Si le péché était volontaire et conscient, il était impossible de se purifier de ses conséquences ; elles restaient parfois avec l'homme jusqu'à sa mort, empoisonnant sa vie et entravant sa communion avec Dieu. Cela se comprend : il s'agit de savoir dans quelle mesure la volonté de l'homme approuve ou n'approuve pas l'acte pécheur qu'il accomplit. Avant la venue du Christ, le monde était différent, le péché y était beaucoup plus fort qu'aujourd'hui, il était bien plus difficile de lui résister, et il était impossible de s'en délivrer complètement, surtout lorsque l'homme avait dès le début voulu le péché et tendu vers lui.