RÉFLEXIONS pour Lv 3:1-17
Le sacrifice yahviste, d'après la description du Lévitique, comprenait trois éléments. Tout d'abord, et tout sacrifice commençait ainsi, venait la prière. L'homme qui voulait offrir un sacrifice posait les mains sur la tête de l'animal sacrificiel et prononçait une prière ; dans le cas du sacrifice dit de réconciliation ou d'action de grâce, le mot hébreu correspondant pouvant signifier à la fois « paix » ou « réconciliation » et « reconnaissance » au sens de don en retour ou de paiement, c'était une prière de louange ou d'action de grâce. Ensuite l'animal était égorgé, puis le prêtre aspergeait de son sang l'autel et tous ceux qui participaient au rituel. Le troisième élément était le repas sacrificiel proprement dit, auquel participaient généralement tous les présents, du moins lorsqu'il s'agissait du sacrifice de réconciliation, appelé d'ordinaire dans la traduction synodale « sacrifice de paix ». Pendant le repas, une part séparée et particulière de la viande sacrificielle était destinée aux prêtres et aux lévites participant au rituel.
Cet ordre devient compréhensible si l'on se rappelle que le sacrifice fut d'abord conçu comme une forme de communion avec Dieu et de sanctification de l'homme. Selon le dessein de Dieu, l'homme est à la fois un être spirituel et un être naturel. Comme être spirituel, il est image de Dieu, personne consciente d'elle-même, douée de libre volonté. Par conséquent, pour la communion avec Dieu et pour la sanctification, l'homme doit se tourner librement vers Dieu ; c'est pourquoi tout commence par la prière.
Sans un mouvement vers Dieu, au niveau du seul rituel, la sanctification est impossible pour l'homme. D'autre part, l'homme n'est pas seulement esprit, mais aussi nature, une nature animale ; après la chute, il est devenu animal beaucoup plus qu'il ne l'était auparavant. C'est cette nature humaine qui est sanctifiée par l'aspersion du sang et par la consommation de la viande sanctifiée. Par nature, l'homme est en effet le plus proche des animaux, de ces mêmes animaux que Dieu lui a permis de manger après la chute.
La présence de Dieu sanctifie l'animal placé sur l'autel, et l'homme, en mangeant ensuite la viande sanctifiée, entre en interaction avec une nature sanctifiée par Dieu au niveau corporel, donc au niveau naturel. La nature animale agit sur la nature corporelle de l'homme déchu, la sanctifiant de la même manière que toute nature sanctifiée agit sur toute autre nature en la sanctifiant dans le processus de leur interaction. Sans la chute, l'homme n'aurait sans doute pas eu besoin d'une telle action médiate sur sa corporéité pour la sanctifier ; mais dans l'état déchu, elle apparaît comme la forme la plus adéquate de sanctification de la nature humaine.
