RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Rm 3:21-31

En méditant sur la Torah et sur le Royaume, Paul revient à l'une des notions bibliques essentielles : la justice. Il dit qu'avec la venue du Christ dans le monde, la situation a changé radicalement : désormais la justice est manifestée dans toute sa plénitude avec le Royaume apporté par le Messie (v. 21–22). Auparavant, la justice était atteinte avec l'aide de Dieu, mais aussi par les efforts humains ; maintenant elle est entrée dans le monde par Jésus et elle est devenue une part de cette vie du Royaume qu'Il a apportée avec Lui, et à laquelle chacun peut désormais prendre part, s'il est prêt à faire confiance à Jésus (v. 24). Cette justice apportée par Jésus au monde est sans commune mesure avec celle qui fut manifestée même par les plus grands justes de l'époque précédente : la plénitude de la justice signifie la liberté à l'égard du péché, et aucun homme n'en était libre avant la venue de Jésus-Christ dans le monde (v. 23).

Ce n'est pas par hasard que l'apôtre relie cette plénitude de la justice à la notion de rédemption reflétée dans la Torah (v. 25–26) : de même que celui qui rachetait un esclave lui donnait une liberté qu'il n'aurait jamais obtenue par ses propres forces, Jésus, en révélant au monde la plénitude de la justice, a libéré du pouvoir du péché ceux qui cherchaient cette justice sans pouvoir s'affranchir complètement du péché par leurs propres forces. Or la plénitude de la justice apportée par Jésus est inséparable de la plénitude du Royaume : elle libère les fidèles de tout péché, car elle n'est compatible avec aucun péché, comme le Royaume n'est compatible avec aucun mal (v. 25). Ce n'est pas par hasard que Paul appelle ce que Jésus a fait pour Ses fidèles un « sacrifice de miséricorde » : le mot hébreu correspondant désignait précisément la disposition à donner à celui envers qui la miséricorde est exercée quelque chose qu'il n'a manifestement pas mérité, quelque chose auquel il n'a droit ni selon la loi ni selon un contrat conclu entre les parties.

S'il en est ainsi, si la justice ne peut être atteinte par aucune « œuvre de la Torah » (v. 28), alors la Torah elle-même devient vraiment universelle : la justice n'est reçue que grâce à cette fidélité qui lie celui qui cherche la justice à Dieu par Jésus-Christ (v. 27–28). Il n'y a ici aucune différence entre Juif et païen : l'ancien païen qui s'est confié à Jésus et a reçu par Lui le Royaume reçoit la même plénitude de vie juste que le Juif habitué dès l'enfance à suivre la Torah (v. 29–30). Mais cela ne diminue nullement l'importance de la Torah : la Torah n'est pas seulement un texte, elle est la loi spirituelle qui définit la relation de l'homme avec Dieu aussi longtemps que l'homme existe. Une telle Torah demeure inébranlable même après la venue du Christ dans le monde, car elle reste le fondement de la vie spirituelle de l'homme non seulement dans notre monde, encore imparfaitement transfiguré, mais aussi dans le Royaume.