RÉFLEXIONS pour Lc 10:38-42
Aujourd'hui nous lisons un passage composite de l'Évangile selon Luc. La seconde partie de la lecture raconte comment «une femme du milieu de la foule éleva la voix et dit: Heureux le sein qui T'a porté et les mamelles qui T'ont allaité». Ces paroles, comme celles de Pierre aux environs de Césarée, sont une forme de confession de Jésus comme Christ, le Messie promis de la lignée de David.
Plus tard, lorsque les pharisiens demanderont au Seigneur d'arrêter ceux qui crient «Hosanna au Fils de David», Il dira: «S'ils se taisent, les pierres crieront». De même, si cette femme s'était tue, les pierres auraient crié, parce que, si nous croyons que Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu incarné, nous ne pouvons pas ne pas glorifier Celle par qui cette incarnation s'est accomplie.
Sa béatitude comme Mère de Son Créateur est le gage et la condition de notre salut; sans le Fils de Marie, nous demeurerions encore en enfer. Les hymnographes orientaux du premier millénaire parlent souvent de la Toute-Pure comme de la nouvelle Ève, dont l'obéissance a corrigé le péché d'Ève, comme l'obéissance de Son Fils a guéri le péché d'Adam. Et il est important pour nous de nous souvenir avec vénération et amour de deux autres choses. Premièrement, se tenant au pied de la Croix, la Très Sainte Vierge remet Son Fils à Dieu et à nous, afin que celui qui croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. Deuxièmement, en concluant avec nous la Nouvelle Alliance, le Seigneur Jésus nous donne en nourriture et en boisson Sa Chair et Son Sang, qu'Il a reçus de la Très Sainte Vierge.
La réponse de Jésus à l'exclamation de la femme est étonnante. Dans la traduction synodale («Et Il dit: bienheureux...») cela ne se voit pas du tout, et dans le slavon («Il dit donc: aussi bienheureux...») seulement en partie. Le fait est qu'Il dit: «menoun makarioi...». Le grec menoun est une expression d'accord, employée au sens de «certes», «sans aucun doute», «en vérité». Autrement dit, Il dit: «Certes, bienheureux ceux qui entendent la Parole de Dieu et la gardent». Sous cette forme, ce sont précisément des paroles sur la Très Sainte Vierge: «Sans aucun doute, Elle est bienheureuse, car Elle a entendu la parole de Dieu et l'a accomplie». Et ce n'est pas seulement la constatation d'un fait, mais aussi l'indication d'un chemin pour nous.
