RÉFLEXIONS pour He 11:1-12
Parlant de la fidélité à Dieu, la «foi», l'auteur de l'épître la nomme «le fondement de ce que nous espérons et la certitude des choses invisibles» (v. 1; dans la traduction synodale: «la réalisation de ce qu'on espère et la certitude de l'invisible»). Une telle définition de la fidélité suppose non seulement la confiance en Dieu, mais aussi une certaine activité de l'homme dans le contexte des relations qui le lient à Dieu. L'auteur de l'épître donne des exemples de telles relations, qu'il trouve dans les livres de l'Ancien Testament (v. 2-5, 7-12). Tous sont unis par cette attitude envers Dieu qu'il appelle «fidélité» (le mot grec correspondant signifie d'abord «fidélité», bien qu'il puisse aussi se traduire par «foi») et sans laquelle celui qui vient à Dieu ne peut devenir digne de Lui (v. 6; dans la traduction synodale: «plaire à Dieu»).
Poursuivant sa pensée, l'auteur de l'épître remarque avec justesse qu'en venant à Dieu, il importe non seulement de croire qu'Il existe, mais aussi qu'Il récompense ceux qui cherchent la volonté de Dieu; ici il faut déjà non seulement la foi en l'être de Dieu, mais aussi la confiance en Lui, inconcevable sans relations personnelles avec Lui. Seules de telles relations peuvent donner aux fidèles le fondement solide de l'espérance que l'auteur de l'épître rappelle à ses coreligionnaires, et l'assurance que ce qui n'est pas encore arrivé arrivera pourtant nécessairement, parce que Dieu l'a promis.
Bien sûr, aucune oeuvre ni aucun acte ne peut en soi rendre l'homme digne de Dieu au sens où l'homme peut devenir digne d'une récompense humaine. En parlant des récompenses destinées à ceux qui cherchent Dieu et de ceux qui les méritent, l'auteur de l'épître a d'abord en vue le fait même de la confiance en Dieu, qui donne sens à tout ce qui se fait pour accomplir la volonté divine. Tous les exemples qu'il cite en sont des témoignages éclatants: ni Abel, ni Noé, ni Abraham, avec tout ce qu'ils ont fait, ne sont concevables sans une confiance totale et inconditionnelle en Dieu, qui Se révélait à eux et qu'ils connaissaient. Comme son maître, l'auteur de l'épître comprend que le juste ne devient juste que grâce à des relations de confiance avec Dieu, et que ses oeuvres ne sont que l'expression extérieure de ces relations. Tel fut le chemin des justes anciens; tel est aussi maintenant le chemin de ceux qui cherchent le Royaume, depuis que Celui qui l'a ouvert à tout chercheur prêt à se confier et à Le suivre est venu dans le monde.
