RÉFLEXIONS pour Ac 4:32-37
Ces lignes brèves mais denses nous révèlent comment vivait l'Église à l'aube de ses premiers jours. Nous n'avons aucune raison de douter de l'authenticité de ce récit, mais on peut se demander pourquoi cela s'est révélé irréalisable plus tard, lorsque l'Église s'est étendue à tous les continents. Était-ce seulement parce que ses dimensions avaient augmenté et que sa structure s'était compliquée, alors que même plus tard, dans de petites communautés, on parvenait apparemment, dans une certaine mesure, à se rapprocher de l'idéal primitif?
La manière dont vivait l'Église primitive ne s'explique pas par les efforts humains ni par les bonnes intentions des nouveaux convertis, mais par l'action de l'Esprit Saint. L'unité des premiers croyants était avant tout une unité dans l'Esprit, d'où découlait l'unité des coeurs et des pensées; c'est pourquoi la vie commune était naturelle, comme la respiration. Par la suite, au cours des siècles, il y aura de nombreuses tentatives pour surmonter la séparation des hommes par la mise en commun de leurs biens, et l'immense majorité de ces tentatives s'effondrera. Les raisons en seront diverses, mais l'une des principales sera que les nouveaux partisans de la mise en commun nieront la réalité et l'importance du principe spirituel, et mettront leur confiance dans la force et dans la redistribution mécanique des biens matériels. Ils appelleront ceux-ci la «base», et tout le reste, qu'ils ne pourront toucher, «superstructure au-dessus de la base».
Mais l'expérience de la première communauté de Jérusalem montre le contraire. Ce qui, jusqu'à présent, semble à beaucoup une «superstructure» est en réalité le Fondement.
