RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Lc 13:24

Le Seigneur Jésus-Christ a prononcé ces paroles en réponse à la question perplexe d'un homme inconnu de nous sur le nombre de ceux qui sont sauvés. Autant qu'on puisse en juger, la logique de l'entretien dont l'évangéliste Luc n'a noté que les paroles du Christ est la suivante. Le Seigneur dit plus d'une fois que le salut dépend des pensées et des actes de l'homme, de l'état de son coeur, de son attitude envers Dieu. Il appelle à la repentance et à la correction de la vie; il est évident qu'en l'absence de tout cela, le salut est impossible. Beaucoup de Juifs de cette époque, bien que pas tous, pensaient qu'à la venue du Messie le salut serait automatiquement donné à tous les participants «à part entière» de l'Ancienne Alliance. Ce point de vue tenait en partie à une compréhension trop primitive des paroles des prophètes, en partie à l'héritage de la religiosité formelle de l'époque postexilique. Quoi qu'il en soit, l'idée que le salut du péché et de la mort ne serait pas donné à tous ni automatiquement provoquait chez beaucoup l'incompréhension, voire une vive protestation. C'est dans ce contexte que résonne apparemment la question posée au Christ: «N'y aura-t-il que peu de sauvés?».

«Car si les sauvés sont vraiment peu nombreux, si tous les Juifs n'en font pas automatiquement partie, alors je peux ne pas en être!» Tel est sans doute le sous-texte émotionnel de la question. Il faut dire que l'«inscription» parmi les sauvés par catégories entières, indépendamment de l'aspect spirituel personnel, est une chose très répandue, propre non seulement à la pensée juive, mais à la pensée humaine en général. En répondant, le Seigneur Jésus-Christ déplace l'entretien sur un tout autre plan. Il ne propose pas de nouveaux critères de sélection de ceux qui seront ou ne seront pas sauvés. Le Seigneur s'adresse personnellement à celui qui interroge, en disant que le salut dépend de la volonté et des efforts de chaque personne concrète. Il faut chercher le chemin du salut, et l'entrée dans le Royaume est une porte étroite que l'on ne peut franchir qu'en faisant effort. «Luttez», dit le texte grec de l'Évangile; «efforcez-vous», traduit brillamment le texte synodal. Ainsi, l'essentiel n'est pas de savoir à quel point la porte est étroite, mais quelles sont la volonté et les efforts de l'homme lui-même.