RÉFLEXIONS pour He 9:11-22
Poursuivant le thème du Messie-Grand Prêtre, l’auteur de l’épître porte son attention principale sur le sacrifice comme forme de communion avec Dieu, reliant l’homme à Dieu par la purification et la sanctification. Ce n’est pas par hasard qu’il parle du Christ comme de Celui qui est passé par un sanctuaire plus grand et plus parfait, créé non par les hommes mais par Dieu Lui-même, en L’appelant « grand prêtre des biens déjà manifestés » (v. 11; dans la traduction synodale: « Grand Prêtre des biens à venir »; le texte grec peut signifier non seulement « venu avec une tente plus grande et plus parfaite », mais aussi « passé par une tente plus grande et plus parfaite »). Les sacrifices anciens purifiaient l’homme de l’extérieur, touchant avant tout sa composante extérieure, corporelle, naturelle (v. 13). Une telle purification pouvait délivrer celui qui était purifié des conséquences d’un péché concret, si ce péché avait été commis involontairement ou par ignorance, mais elle ne pouvait pas libérer l’homme entièrement du pouvoir du péché, ce qui n’a rien d’étonnant: car la purification extérieure ne visait pas la cause première de la condition pécheresse de l’homme, mais seulement ses manifestations concrètes.
Jésus, Lui, rend possible une « rédemption éternelle », une libération complète du péché, après laquelle celui-ci n’a plus de pouvoir sur l’homme (v. 12). Cela devient possible parce que le Royaume qu’Il a apporté dans le monde, en le payant de Sa mort sur la croix, change l’homme non pas partiellement, en ne touchant que sa nature, mais entièrement, en transfigurant son cœur et donc sa vie spirituelle et morale, « purifiant la conscience des œuvres de mort pour servir le Dieu vivant » (v. 14).
Depuis les temps de Moïse, le sang sacrificiel sanctifiait aussi bien une personne particulière que tout un peuple, unissant à Dieu ceux qui le voulaient. Il purifiait aussi l’homme des conséquences des péchés qu’il avait commis, le libérant du pouvoir de ce mal dans lequel le monde repose (v. 19-22). Cette libération était parfois appelée rachat (« rédemption »), en comparant la libération de l’homme du pouvoir du mal du monde, et donc de la mort, au rachat et à la libération d’un compatriote tombé en esclavage, ce qui fut toujours considéré comme une œuvre juste. Mais auparavant le rachat était temporaire, la libération relative; maintenant est venu dans le monde Celui qui, au prix de Son sang, rachète pour toujours quiconque est prêt à accepter Son autorité, libérant définitivement Ses fidèles du pouvoir du péché et de la mort (v. 15). L’ancienne alliance exigeait le sang sacrificiel pour purifier et sanctifier ceux qui l’avaient conclue avec Dieu (v. 18); la nouvelle alliance unit les fidèles à Dieu non par le sang sacrificiel, mais par cette vie du Royaume que le Ressuscité donne à quiconque est prêt à Lui faire confiance et à Le suivre.
