RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour

La lecture d’aujourd’hui nous ramène à l’un des thèmes centraux de l’Ancien comme du Nouveau Testament: le thème de la justice. Pour comprendre le sens du chapitre qui nous est proposé aujourd’hui, il importe de se souvenir que la notion traditionnelle de justice dans la communauté juive, aux temps d’avant l’exil et en partie après l’exil, s’est formée dans le contexte des représentations religieuses traditionnelles.

Toute religion suppose que la justice est en principe atteignable à condition d’observer certaines normes religieuses. Autrement dit, l’homme atteint la justice avec l’aide de Dieu, mais par ses propres efforts humains. Et Dieu récompense le juste pour ses efforts, en allégeant et en simplifiant les circonstances extérieures de sa vie afin que le juste puisse consacrer davantage de temps et d’attention à sa vie religieuse: car plus il lui restera de temps pour accomplir ses devoirs religieux, plus il aura le temps de faire de bonnes œuvres pour Dieu, atteignant ainsi un degré de justice encore plus grand.

Mais le prophète parle d’autre chose. Il comprend parfaitement que la justice de l’homme, sans le soutien de Dieu, ne vaut rien: il suffit que Dieu se détourne, qu’Il « cache son visage », et toute la justice de l’homme se dissipe comme de la fumée (v. 6-7). Le texte hébreu du v. 7 suppose précisément ce sens: là où le russe met « c’est pourquoi », le texte hébreu porte « parce que ».

Une telle compréhension de la justice allait à l’encontre des représentations établies. Elle faisait de la justice humaine seulement l’ombre de la justice de Dieu. Mais, d’un autre côté, c’est précisément avec une telle compréhension de la justice que le destin du peuple de Dieu devenait intelligible. Dieu voulait que Son peuple, entre Ses mains, soit semblable à l’argile dans les mains du potier (v. 8). Pourtant, obtenir une obéissance aussi complète du peuple était loin d’être simple; il fallait passer par une catastrophe historique pour non seulement comprendre en paroles, mais aussi ressentir dans les faits, la dépendance absolue envers Dieu. Et maintenant seulement, lorsque la leçon avait été donnée et assimilée, on pouvait demander à Dieu d’intervenir (v. 9-12): car le peuple était réellement devenu autre, et la demande d’aide supposait une aide à cet autre peuple, nouveau. Un peuple prêt à faire le pas suivant sur le chemin du Royaume.