RÉFLEXIONS pour He 8:1-6
Poursuivant le thème du ministère grand-priestal du Messie, l’auteur de l’épître attire l’attention sur le sens nouveau qu’il contient, qui n’existait pas et ne pouvait exister dans le ministère des anciens grands prêtres. Le Messie est le véritable grand prêtre non seulement parce qu’Il correspond pleinement à l’idéal du grand prêtre, appelé à devenir l’instrument parfait de la sanctification du peuple. Il est le véritable grand prêtre avant tout parce qu’Il participe Lui-même à cette plénitude du Royaume qui est la source de toute sanctification. C’est en ce sens que l’auteur de l’épître parle de la « véritable tente » et du sanctuaire qui n’a pas été créé par les hommes, mais par Dieu Lui-même (v. 1–2). Un tel Grand Prêtre ne peut pas demeurer sur la terre au sens où tout homme y demeure : alors Il ne se distinguerait en rien d’un homme ordinaire, restant entièrement sous le pouvoir des lois de notre monde encore non transfiguré (v. 4–5).
Mais pour sanctifier le peuple, qui demeure encore entièrement et complètement dans le monde non transfiguré, le Messie-Grand Prêtre devait en devenir partie, sans se soumettre pour autant à ses lois, du moins dans la mesure où elles reflètent la corruption du monde déchu, conditionnée par son péché. Seul ce qui est pur peut être sanctifié, et seul celui qui est pur peut sanctifier : tel est le principe du sacerdoce de l’Ancien Testament. Bien sûr, la pureté était relative et la sanctification incomplète, mais on ne pouvait obtenir davantage dans le monde déchu. Avec la venue du Christ, la situation a changé radicalement ; mais même le Christ Lui-même ne pouvait purifier et sanctifier Ses fidèles que dans la mesure où Il est devenu partie de notre monde. Le Messie-Grand Prêtre, comme tout grand prêtre en général, devait avoir quelque chose à offrir, tout en restant auprès de ceux pour qui Il accomplissait Son offrande (v. 3). L’offrande n’était pas de ce monde, mais ceux pour qui elle était accomplie restaient encore sous le pouvoir de ce monde. Ainsi naquit la nouvelle alliance messianique, dont le fondateur fut Celui qui devint pour les fidèles le nouveau Grand Prêtre, leur ouvrant la voie non plus vers un sanctuaire terrestre, mais vers l’autel du Royaume (v. 6).
