RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Is 60:1-22

La lecture d'aujourd'hui nous ramène de nouveau à l'image de la Jérusalem messianique. Et de nouveau nous avons devant nous cette double perspective qui est, en général, caractéristique de cette image telle qu'elle apparaît dans les prédications de l'Isaïe de Babylone. D'une part, Jérusalem est une ville tout à fait réelle, terrestre, une ville prospère et triomphante (v. 4-17). Bien sûr, il y a aussi ici une histoire concrète : car Jérusalem, après l'édit de Cyrus, fut effectivement restaurée par les rapatriés revenus en Judée et devint par la suite une ville riche et prospère. Mais la Jérusalem terrestre et historique n'a jamais connu une richesse et un pouvoir semblables à ceux décrits dans le passage d'aujourd'hui. Il devient alors clair qu'il ne s'agit pas seulement de Jérusalem comme réalité purement historique.

Cela devient encore plus clair lorsque le prophète mentionne des réalités qui, de toute évidence, ne peuvent exister dans aucune ville terrestre. On peut considérer comme une telle mention les paroles d'Isaïe disant que, dans la nouvelle Jérusalem, une autre lumière, spirituelle, dont Dieu Lui-même devient la source, remplace la lumière du soleil (v. 19-20). Ces paroles du prophète font écho aux paroles de l'Isaïe de Jérusalem qui, parlant des temps messianiques, mentionne lui aussi la gloire resplendissante, la présence de Dieu qui transforme la nuit en jour (Is 4:3-5). Le Royaume messianique se révèle manifestement au prophète comme le monde terrestre transfiguré par l'action de l'Esprit de Dieu, vivant selon d'autres lois, impensables pour le monde déchu d'aujourd'hui.

Mais un autre point n'est pas moins intéressant : cette nouvelle Jérusalem est opposée à tout le reste du monde comme la lumière aux ténèbres (v. 1-3). Une telle opposition n'est plus simplement l'opposition des justes aux impies ou du peuple de Dieu au monde païen. Il s'agit ici d'événements d'une ampleur universelle, cosmique. Il s'est manifestement révélé au prophète que le monde s'oppose au Royaume, et qu'avec la venue du Messie, qui marque le commencement de ce Royaume, l'opposition avec le monde ne prendra pas fin d'elle-même ; au contraire, elle ne fera que s'intensifier.

Bien sûr, Isaïe ne dit rien de la longue étape de l'entrée du Royaume dans le monde ; le temps de telles révélations n'était pas encore venu. Mais une chose était claire pour lui : le Royaume est une réalité qui entre dans le monde et le transfigure. Malgré la résistance des forces qui ne veulent pas de cette transfiguration.