RÉFLEXIONS pour Lc 9:51-56
Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes. Aujourd'hui, la possibilité de juger ne nous étonne pas ; nous jugeons facilement non seulement en notre propre nom, mais aussi au nom des chrétiens, au nom de toute l'Église. On entend souvent : « les saints Pères disent... », ou « le Pape a dit », etc., etc. Au nom de l'Église, nous accusons les gens de péchés sans voir la poutre dans notre propre oeil. Dans toutes les confessions, il y eut des périodes où l'on tuait des hommes au nom de l'Église : l'Inquisition, la lutte contre les vieux-croyants, les guerres de religion... Dans ce texte, nous voyons que, même du vivant de Jésus, les apôtres voulaient, en Son nom, exterminer ceux qui ne L'avaient pas accueilli.
C'était une manifestation d'amour pour Lui, mais non d'un amour véritable. Car l'amour de Dieu est impossible sans l'amour du prochain. Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes, mais nous savons avec certitude que Machiavel avait tort lorsqu'il écrivit que la fin justifie les moyens. On ne peut pas implanter l'amour pour son Maître et Dieu par la violence. Par la violence on ne peut rien obtenir, et encore moins l'amour. Dieu et la violence sont incompatibles. Dieu est mort pour chaque habitant de ce village samaritain qui ne L'a pas accueilli ; Il est mort aussi pour chacun des apôtres, Il est mort pour Judas, Il est mort pour chacun de nous, et en dehors de Lui, personne ne peut juger.
