RÉFLEXIONS pour He 6:9-20
En parlant de ce qui pourrait soutenir ses lecteurs sur leur chemin difficile, l'auteur de l'épître souligne spécialement la disposition à soutenir leurs frères (« les saints », c'est-à-dire les chrétiens, v. 10-12) et l'espérance dans le caractère irrévocable des promesses données un jour par Dieu (v. 13-15). Il rappelle que Dieu, en jurant par Lui-même, agit ainsi parce qu'Il ne peut jurer par personne d'autre qui serait plus grand que Lui (v. 16-20). Une telle affirmation paraît tout à fait évidente, mais elle était manifestement très actuelle à une époque où les gens étaient prêts à douter de tout, y compris de l'alliance conclue avec Dieu et des promesses qu'Il avait données. Au fond, un certain refroidissement de la vie spirituelle était, semble-t-il, largement lié à la perte de confiance : beaucoup pensaient qu'après la catastrophe de l'an 70, toutes les alliances anciennes avaient fait leur temps, y compris celles que Dieu avait conclues avec Son peuple par Abraham et Moïse. L'auteur de l'épître insiste au contraire sur le fait que Dieu demeure fidèle à Son peuple, fidèle à toutes les alliances et à toutes les promesses jadis données.
Mais Il ne donne aucune preuve de Sa fidélité en dehors du Messie-Grand Prêtre, qui a ouvert à tous ceux qui cherchent le chemin du Royaume : car Dieu est Lui-même le témoin suprême de Sa propre fidélité, et il ne peut y en avoir d'autre par définition. Au fond, seul le Royaume est ici une preuve : car, à la différence de Jérusalem et du Temple, il ne s'est pas effondré, n'a pas disparu et ne s'est pas fermé aux fidèles. Mais pour l'obtenir, il faut une confiance qui exige un certain effort spirituel. Si celui qui cherche une réponse ne voulait pas faire cet effort, s'il n'essayait même pas de lutter contre sa défiance, il ne pouvait recevoir aucune réponse. Ainsi se formait un cercle fermé, qu'on ne pouvait rompre qu'en se jetant vers Dieu comme on se jette à l'eau d'un navire qui sombre : il n'y a rien à perdre, cela ne sera pas pire, il ne reste qu'à se décider et à saisir la dernière chance. Et si celui qui cherchait le salut se décidait vraiment, il trouvait à la fois la confiance en Dieu et le Royaume comme la meilleure preuve de Sa fidélité.
