RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Lc 9:18-27

La confession de Pierre, survenue après la multiplication des pains pour 5000 personnes avec 5 pains, est un tournant dans l'histoire évangélique. Les foules qui suivent sans relâche le Christ et les Douze sont mues par des motivations assez diverses. Les apôtres répondent au Seigneur que certains de ces gens Le prennent pour Jean, d'autres pour Élie ou pour d'autres anciens prophètes, et qu'ils Le suivent pour recevoir le baptême de repentance ou une guérison miraculeuse, ou simplement pour toucher « au divin ». Le Seigneur Lui-même dit avec amertume : « vous Me cherchez... parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6,26). Sa tentative de révéler à ces gens le dessein du Père provoque des murmures parmi les Juifs, si bien que beaucoup de disciples Le quittent.

Mais le prophète Amos dit que « Dieu ne fait rien sans révéler Son secret à Ses serviteurs les prophètes » (Am 3,7). Cela vaut aussi pour le dessein de Dieu concernant le salut du monde. Pour que les hommes puissent recevoir le Sacrifice de la Croix, ils doivent comprendre ce qu'il est. Pour que les hommes puissent recevoir le Chemin du salut qui nous est donné dans le Christ, il faut Le voir précisément comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Et dans un lieu retiré, aux environs de Césarée de Philippe, dont parle l'évangéliste Luc, le Seigneur pose à Ses disciples une question directe : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? ». Il importe que l'évangéliste Jean, complétant le récit des Évangiles synoptiques, formule cette question autrement : « voulez-vous partir, vous aussi ? ». Ces douze hommes sont les derniers à qui le Seigneur peut adresser une question directe...

Lorsque Pierre, au nom de tous les disciples, confesse Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Seigneur révèle pour la première fois aux disciples le dessein du salut du monde. La Crucifixion et la Résurrection sont révélées aux disciples, et à nous par leur témoignage, comme Pâque : le passage du Dieu vivant à travers notre vie humaine. Il n'y a pas de salut pour nous si un simple homme, fût-il prophète, est mort pour nous. Il n'y a même pas de salut pour nous si Dieu a simplement refait les lois de l'univers afin que le péché ne conduise pas à la mort : dans un monde modifié, nous ne resterions pas nous-mêmes. Le salut nous est donné en ceci : le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme et a partagé notre destin, nous ouvrant le chemin de la Résurrection. Pour s'engager sur ce chemin, chacun de nous, comme Pierre et les apôtres, doit voir en Jésus de Nazareth le Christ, le Fils du Dieu vivant.