RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Mt 20:1-16

Dans l'acquisition de la science, tout repose sur de nombreuses années de travail, un travail constant, un travail qui accumule en toi la connaissance. On ne peut pas comprendre les mathématiques supérieures sans avoir étudié l'arithmétique et l'algèbre la plus simple. On ne peut pas comprendre la mécanique quantique sans avoir étudié les bases de l'optique, et ainsi de suite. Il en va de même pour toute sphère de l'activité humaine, qu'il s'agisse d'un métier, de l'art ou de la technologie. Cela compose notre vie, et nous nous habituons à un tel ordre. Mais cette organisation de l'existence... elle est très terrestre. La loi de la croissance progressive est extrêmement dure : si tu ne satisfais pas à une série de paramètres formels, tu n'es pas nécessaire. C'est inévitable, car ici ce qui compte n'est pas l'homme, mais le progrès de la branche concernée.

Et il existe une loi opposée : la loi de l'amour, de l'amour de l'homme. Ici, tout est différent. Au lieu d'une accumulation progressive, il y a des révélations soudaines qui bouleversent toute la vie. Ici peuvent se produire de tels paradoxes, dont l'un est raconté par l'évêque Antoine, métropolite de Souroge : de jeunes séminaristes lui demandaient comment retrouver le sentiment de Dieu qu'ils avaient lors de leur entrée au séminaire. Autrement dit, tout s'était passé chez eux en sens inverse : au lieu de la croissance progressive supposée, ils éprouvaient un sentiment d'éloignement de Dieu. Car il n'existe pas de méthode pour venir à Dieu, si nombreuses soient-elles dans les œuvres des saints. Dieu Se révèle à qui Il veut Se révéler, et de la manière qu'Il juge Lui-même nécessaire.

Au tournant du siècle est arrivé un bonheur auquel le malheur de l'époque soviétique a contribué : voir des âmes humaines qui n'avaient trouvé Dieu qu'à un âge avancé. Et quelle pureté merveilleuse il y avait en elles, quelle ardeur, quelle vérité...