RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1Tm 1:15

Comment comprendre les paroles de Paul selon lesquelles le Messie est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ? Et pourquoi Paul se considère-t-il comme le premier des pécheurs ? La réponse la plus simple pourrait consister à dire que les êtres humains sont pécheurs en général et que, s'il faut les sauver, il faudra par définition sauver des pécheurs, tout simplement parce qu'il n'y en a pas d'autres. Mais ce n'est peut-être qu'une partie de la réponse.

Une autre partie de cette réponse est peut-être suggérée par les paroles de Paul à son propre sujet, lorsqu'il se présente comme le premier des pécheurs. En effet, que signifie, au fond, le salut ? Manifestement, la libération de la domination du mal et du péché. Et comment peut-on s'en affranchir de façon certaine ? Seulement en entrant dans le Royaume. Mais c'est précisément le péché qui empêche l'homme d'y entrer. Manifestement, l'homme déchu doit commencer à participer à la vie du Royaume tout en s'opposant à son propre péché. Et, sans doute, plus l'homme s'approche de cette plénitude de la vie du Royaume à laquelle il est appelé, plus ce péché devient visible.

Non seulement Paul, mais aussi d'autres justes chrétiens se considéraient comme les plus grands des pécheurs, et ce n'était ni de l'autoflagellation ni de la pose. Il s'agit ici, sans doute, d'autre chose. Un jour, lors d'une réunion scientifique, on discutait de la possibilité de vols interstellaires à des vitesses subluminiques. Parmi d'autres problèmes, il en apparut un assez inattendu : il s'avéra que de tels vols pouvaient être empêchés par la matière interstellaire. Sa densité est infime ; du point de vue des vitesses auxquelles nous sommes habitués, on peut même considérer l'espace interstellaire comme vide : quelques atomes par kilomètre cube, c'est négligeable. Mais à des vitesses subluminiques, ils se « densifient » et deviennent, pour d'éventuels voyageurs, un mur infranchissable. Il en va de même du péché : une multitude de petits péchés, semblables à de la poussière, sont constamment présents dans notre vie, et tant que nous ne nous approchons pas du Royaume, nous ne les remarquons pas parce qu'ils ne nous gênent pas. Mais il suffit de faire un pas dans cette direction pour que ce qui était auparavant imperceptible devienne visible. L'intensité de la vie spirituelle augmente, et ce que nous ne remarquions même pas auparavant commence à nous gêner sérieusement. Et lorsque la vie spirituelle devient ce qu'elle doit être dans le Royaume, ces mêmes péchés, presque invisibles auparavant, deviennent un lourd fardeau qui détourne du but. Et seule l'aide du Sauveur permet de surmonter ce fardeau.