RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour He 2:1-9

En affirmant la supériorité de l'homme sur les anges, l'auteur de l'épître n'oublie pourtant pas que cette supériorité, dans l'état actuel du monde comme de l'homme lui-même, demeure pour l'instant plutôt une perspective spirituelle et métahistorique qu'une réalité déjà donnée. Les paroles de la sainte Écriture disant que l'homme, aux yeux de Dieu, vaut à peine moins qu'un ange, il les comprend comme se rapportant plutôt à l'avenir qu'au présent (v. 5-8). Et il ne s'agit évidemment pas de l'avenir de notre monde, certes en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré ; il s'agit de cette plénitude du Royaume qui sera révélée au monde lors du retour du Sauveur. Ce n'est pas un hasard si l'auteur de l'épître parle précisément de Jésus comme de Celui en qui se sont accomplies les paroles du psaume qu'il cite au sujet de l'homme qui ne le cède en rien aux anges (v. 9) : car Jésus, dès le commencement, dès le moment de Sa conception sur la terre, portait déjà en Lui cette plénitude du Royaume qui ne nous sera révélée qu'à la fin des temps. En un certain sens, on pourrait dire qu'Il est Lui-même le Royaume, et que toute l'Église, comme communauté des hommes vivant dans ce Royaume, est Son prolongement dans le monde que l'Église est appelée à transformer.

Jésus, dans la plénitude de Sa nature humaine transfigurée, manifeste en Lui-même cette image de l'homme qui se tient au-dessus des anges. Et c'est Lui qui indique le chemin du Royaume à ceux qui le cherchent. Certes, les révélations de Dieu peuvent être données aux hommes aussi par des anges, puisqu'ils sont des « esprits serviteurs ». Mais aucun ange n'a jamais renfermé en lui toute la plénitude du Royaume, et aucun ange n'est jamais devenu jusqu'au bout une partie de notre monde humain : car les anges sont des esprits, bien que créés ; la nature humaine leur est étrangère, comme toute nature en général. Ils peuvent être les messagers de Dieu dans notre monde (« ange », à proprement parler, signifie « messager »), mais ils ne peuvent y entrer par définition, demeurant toujours pour lui des êtres d'un autre monde. Le Messie, lui, est entré dans le monde comme Homme, sans jamais cesser, malgré toute Son unicité, d'être précisément Homme. C'est pourquoi la révélation du Royaume qu'Il a apportée dans le monde est plus grande que la révélation annoncée par les anges (v. 1-4) : car les anges, participant eux aussi au Royaume, ne pouvaient cependant devenir l'incarnation vivante du Royaume révélé aux hommes. Cette incarnation que le Sauveur est devenu pour ceux qui cherchent le chemin.