RÉFLEXIONS pour Is 42:1-25
Le Serviteur n'élèvera pas la voix, bien que par le volume et la pression beaucoup d'orateurs essaient trop souvent de masquer la fausseté et l'inconsistance de leurs discours. Mais celui qui vient du Seigneur ne passera pas inaperçu à cause d'une voix douce : les personnes spirituellement sensibles n'oublient ni que le Seigneur est apparu à Élie dans le souffle léger du vent, ni que l'authentique, le plus souvent, ne s'impose pas par la force et ne se fait pas de publicité en criant. D'autant plus solide sera le triomphe de la vérité victorieuse.
Mais pourquoi alors le Seigneur avertit-Il, quelques phrases plus loin, qu'Il criera ? N'y a-t-il pas là contradiction ? Il semble pourtant que, par une manière si paradoxale, soit exprimée cette pensée : il doit inévitablement venir un moment où la voix du Seigneur sera entendue de tous, et elle ressemblera non au cri d'un homme qui insiste sur son idée, mais à un appel qui ne peut rester sans être entendu, tout comme la voix douce du Serviteur.
Le Seigneur compare Son cri au cri d'une femme qui enfante, et nous nous souvenons alors que les paroles prophétiques de Jésus sur les cataclysmes à venir, « c'est le commencement des douleurs » (Mt 24:8), selon la traduction de Cassien, résonnent comme « le commencement des douleurs de l'enfantement ». Nous avons l'habitude d'appeler la crise à venir « la fin du monde », mais elle deviendra le commencement d'une vie nouvelle.
