RÉFLEXIONS pour 1Tm 2:1-7
Paul parle de la nécessité de prier pour les représentants de l'autorité sous le gouvernement desquels ceux qui cherchent le Royaume pourraient vivre, selon l'expression même de l'apôtre, « dans le calme et la tranquillité », afin de se consacrer à ce qui constitue le but et le sens principaux de leur vie (v. 1-7). Apparemment, cet appel était lié aux dispositions d'esprit du messianisme politique, assez largement répandues dans les milieux proches de la synagogue, au centre desquelles se trouvaient les idées de guerre sainte et d'établissement du Royaume messianique par la force. Bien entendu, le Royaume lui-même était pensé, dans le cadre de ce type de représentations, comme une réalité moins spirituelle que politique. Paul, quant à lui, s'oppose visiblement avec décision à ce messianisme politique.
À première vue, il peut sembler que l'appel de Paul suppose une indifférence politique totale et un désintérêt pour tout ce qui touche à la vie publique. Mais à y regarder de plus près, ce n'est pas tout à fait le cas : Paul appelle en effet à prier pour ceux qui sont au pouvoir afin que l'Église puisse, laissant la politique de côté, s'occuper paisiblement de son oeuvre principale : le témoignage au Christ et au Royaume, afin que le Royaume se répande toujours davantage dans le monde et le transforme. Un pouvoir qui s'oppose consciemment à l'Église n'entre manifestement pas dans une telle définition.
Mais l'essentiel est ailleurs : en parlant de s'abstenir de participer à la vie politique, l'apôtre voulait avant tout rappeler à Timothée lui-même et à l'église d'Éphèse que le Royaume, selon la parole du Sauveur, « n'est pas de ce monde », si bien qu'il n'est en rien déterminé par une situation politique concrète et n'en dépend pas. Il n'existe pas de régime sociopolitique au sujet duquel l'Église pourrait dire : « C'est notre pouvoir » ; il n'en existe qu'un au sujet duquel elle pourrait dire : « Ce pouvoir ne nous entrave pas ». Et Paul ne cesse de rappeler le caractère non mondain du Royaume, afin qu'aucun chrétien ne soit tenté de le prendre pour quelque nouvelle utopie religieuse, semblable à celle qui séduisit nombre de ses coreligionnaires et compatriotes et conduisit en l'an 70 à la catastrophe de la Judée et de tout le peuple juif.
