RÉFLEXIONS pour Mc 6:14-29
La prédication de Jésus Lui-même et de Ses apôtres fit que Son nom devint connu dans toute la Galilée, jusqu'à parvenir finalement aussi à son gouverneur Hérode (v.14). Hérode, qui gouvernait la Galilée, n'était évidemment pas un souverain indépendant : il était vassal de l'empereur romain, car la Galilée, comme toute la Palestine, faisait partie de l'Empire romain aux temps évangéliques. En même temps, les rumeurs les plus diverses circulaient parmi le peuple au sujet de Jésus. Certains Le considéraient comme un prophète, semblable à l'un de ces anciens prophètes dont les prédications sont entrées dans les livres prophétiques de l'Ancien Testament, bien connus de tous les Juifs croyants et lus régulièrement dans les synagogues pendant le culte. Pour d'autres, Il était Élie revenu des cieux (v.15), dont l'Ancien Testament dit qu'il n'est pas mort, mais qu'il a été enlevé vivant au ciel (4 R 2:11-12). Ce livre était bien connu, tout comme les trois autres Livres des Rois, ainsi que le Livre de Josué et le Livre des Juges : car dans le judaïsme ils font partie des livres prophétiques et sont appelés les « premiers prophètes ». Les Juifs croyants des temps évangéliques croyaient que, peu avant la venue du Messie-Christ, Élie reviendrait des cieux sur la terre afin de rappeler aux hommes Sa proche apparition.
Cependant, Hérode prit Jésus pour Jean le Baptiste ressuscité des morts, exécuté peu auparavant sur son ordre (v. 14). L'exécution avait été précédée d'une arrestation liée aux accusations que Jean portait contre Hérode parce que celui-ci, contrairement à la Loi, avait épousé la femme de son propre frère (v.17-18). Il faut remarquer qu'Hérode, en général, prêtait peu d'attention aux normes religieuses et morales, se distinguant en outre par une sensualité démesurée. Mais il n'osait pas faire exécuter Jean tout de suite : malgré sa corruption morale, Hérode le respectait tout de même (v.20). Il n'est pas étonnant qu'Hérodiade (qui avait été auparavant la femme de Philippe, frère d'Hérode) haïsse Jean plus encore qu'Hérode lui-même (v.19). Enfin, un moment propice à la vengeance arriva : pendant un banquet solennel, la fille d'Hérodiade exécuta devant Hérode et ses invités une danse orientale enflammée (peut-être quelque chose de comparable à la danse du ventre, bien connue encore aujourd'hui en Orient) (v.21-22). Échauffé par le vin et la convoitise, Hérode jura solennellement d'accomplir n'importe quel désir de la jeune fille, qui, à l'instigation de sa mère, profita de l'occasion pour se débarrasser de Jean (v.22-25). Hérode, de toute évidence, ne voulait pas du tout la mort de Jean, mais, poussé par la vanité et ne voulant pas se déconsidérer aux yeux de son entourage en violant son propre serment solennel, donna tout de même l'ordre de l'exécuter, ce qui, bien sûr, fut aussitôt connu de beaucoup, y compris des apôtres (v.26-29).
