RÉFLEXIONS pour Mt 14:22-36
Tout le monde sait bien que, si nous avons la foi, nous pourrons déplacer des montagnes. La question, toutefois, est de savoir pourquoi déplacer une montagne de l'endroit que le Créateur lui a assigné. Le geste de Pierre, lorsqu'il va vers le Maître sur l'eau, doit sans aucun doute être défini comme un acte héroïque de foi. Chacun de nous, ne différant en rien de Pierre par nature, peut se l'appliquer à lui-même. Me voici sortant de la barque et marchant sur l'eau...
Il est bien plus important de voir que, pour parler dans une langue peu moderne, c'est aussi un acte héroïque de sagesse. Le fait est qu'il n'y a pas si peu de croyants dans le monde, mais nous continuons tout de même à construire des ponts et à les emprunter pour franchir les obstacles d'eau. On ne voit nullement les chrétiens traverser les rivières sur les eaux en foules, même si notre histoire connaît de tels exemples. La sagesse de Pierre, exceptionnellement importante pour nous, tient à ce qu'il dit : « ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux ». Il marche non seulement, et pas tant, parce qu'il croit. Cela aurait été impossible si Jésus ne le lui avait pas ordonné. À proprement parler, dans tout ce qui arrive dans notre vie, au milieu de l'abondance des miracles que nous ne remarquons pas, il n'y a qu'un seul Thaumaturge : le Seigneur. Sans son ordre, par la seule volonté de Pierre lui-même, cela aurait été impossible.
Et encore un point important : où va Pierre, où regarde-t-il ? Tant que son regard est tourné vers Jésus, il marche ; dès qu'il regarde autour de lui, il commence à couler. Ce n'est nullement une métaphore. Vivre sans s'enfoncer dans l'immédiat, dans la matière, et en fin de compte dans la mort, n'est possible qu'en regardant Jésus, et uniquement ainsi.
