RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Luk 24:11

Comme on le voit dans les paroles de l'évangéliste, les apôtres ne crurent pas tout de suite à la résurrection du Sauveur, même lorsqu'on leur en rendit témoignage. Il est possible, bien sûr, que cette méfiance ait été liée au fait qu'un événement si important leur avait été raconté par des femmes : aux témoignages des femmes, surtout lorsqu'il s'agissait d'expérience spirituelle et mystique, on n'avait pas l'habitude de faire trop confiance.

Et il ne s'agissait pas tant de méfiance envers le témoignage féminin comme tel que de cette émotivité et de cette tendance aux imaginations souvent propres aux femmes, qui, dans la vie spirituelle, peuvent facilement jouer un mauvais tour à l'homme. Et pourtant, il ne s'agissait vraisemblablement pas seulement de cela.

Les apôtres ne croyaient tout simplement pas à la possibilité de la résurrection de Jésus d'entre les morts. Peut-être, en partie, avaient-ils même peur d'y croire. Tout récemment encore, ils étaient sûrs de devenir les participants d'événements grandioses, de cette guerre messianique que tous attendaient et qui, selon l'attente générale, devait se terminer par le triomphe immédiat, sur la terre, du Messie et de Son Royaume. Un Royaume, bien entendu, terrestre, visible par tous, puissant, dont personne, pas même ses pires ennemis, ne pourrait douter de la réalité.

Et ces ennemis, bien sûr, seraient terrassés ; ils se rouleraient dans la poussière en demandant grâce à ceux qu'ils méprisaient tout récemment encore et qu'ils tenaient pour rien. Maintenant, tous les rêves et toutes les espérances se sont effondrés, ont disparu comme un mirage dans le désert, laissant derrière eux un vide qu'il semblait impossible de traverser. La peur précisément de ce vide poussa d'abord les disciples à se disperser à Gethsémani au moment de l'arrestation du Maître, puis à se cacher dans les maisons, en évitant toute relation avec qui que ce soit, sauf entre eux. Et voici maintenant de nouveaux récits, une sorte de suite de l'histoire dont ils n'ont aucune envie ; ils voudraient plutôt que tout finisse au plus vite et, sinon s'oublie d'une manière ou d'une autre (une telle chose ne s'oublie pas), du moins s'apaise en eux, et que ce vide terrible disparaisse quelque part.

Or la suite de l'histoire ne semble rien promettre de bon ; en tout cas, il ne faut pas attendre le repos, et les récits des femmes ne font que rouvrir les blessures récentes. Très probablement, bien sûr, elles ont simplement cru voir quelque chose ; leur coeur souffre aussi, et dans la douleur que ne croit-on pas voir... C'est là que se trouvait ce qui empêchait de croire au témoignage. Aucun des disciples du Sauveur déjà ressuscité ne pouvait concevoir que le vide puisse non pas être repoussé quelque part où on ne le verrait pas, mais être rempli, et rempli précisément par Celui qui venait de mourir sur la croix.

Et la conscience de la réalité nouvelle ne leur vint pas tout de suite : car la conscience de l'homme déchu n'est généralement pas adaptée à sa perception. Mais lorsque, déjà après la Pentecôte, la conscience des apôtres changea, tout leur devint clair. Non pas au moment où leur Maître ressuscita d'entre les morts, mais au moment où eux-mêmes participèrent à la vie de Son Royaume. Mais il n'en va jamais autrement : la réalité ne devient réalité pour l'homme que lorsqu'elle devient une partie de sa propre vie. Ou sa vie même, comme peut devenir pour le chrétien sa propre vie, la vie de ce Royaume qu'il cherche.