RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 2Tm 2:1-13

Poursuivant la conversation sur le témoignage, Paul attire l'attention sur la responsabilité du témoin. Pour l'apôtre, le témoignage est une sorte de relais spirituel, au cours duquel quiconque a reçu la possibilité de participer à la vie du Royaume devient ensuite lui-même témoin pour ceux qui cherchent une vie nouvelle (v. 1-2). Et il ne s'agit pas ici, semble-t-il, d'un simple sentiment du devoir, fût-ce un devoir que l'on appelle parfois, dans de tels cas, sacré. Il s'agit du fait que le témoignage est l'état spirituel normal du chrétien. Il ne s'agit évidemment pas de dire qu'un chrétien doit prêcher toute la journée en parlant à son entourage du Christ et du Royaume. Il s'agit d'autre chose : si le christianisme est pour quelqu'un une vie réellement nouvelle, et non simplement une nouvelle religion ou une nouvelle morale, il ne pourra pas cacher cette vie nouvelle à ceux qui l'entourent, et il ne voudra sans doute pas la cacher. Et il ne s'agit pas seulement de la joie éprouvée par quiconque sait ce qu'est le Royaume.

Il s'agit aussi du fait que le Royaume ne peut exister qu'en s'étendant sans cesse et en incluant en lui de nouveaux habitants. Ce n'est pas par hasard que le souffle du Royaume fut éprouvé (notamment le jour de la Pentecôte) comme un vent : comme le vent, il ne connaît pas d'obstacles et, comme l'air, il pénètre partout où cela est possible, occupant tout l'espace disponible. La différence entre ce souffle et l'air physique tient seulement au fait qu'il se propage de coeur à coeur, et que l'amour du prochain devient pour lui un milieu de diffusion aussi organique que l'atmosphère l'est pour le vent. Et le chrétien, s'il ne veut pas perdre le Royaume, doit nécessairement devenir une partie de ce processus, de ce mouvement spirituel lié à l'extension du Royaume dans notre monde en cours de transfiguration, mais pas encore totalement transfiguré. C'est alors seulement que sa propre vie spirituelle sera pleinement accomplie, ce que Paul rappelle à Timothée (v. 3-7).

Il rappelle aussi autre chose à son disciple : cette fidélité au Christ sans laquelle il n'y a pas de Royaume (v. 8-13). Pour Paul, il est évident que la fidélité au Christ et la fidélité au Royaume sont une seule et même chose, car Jésus de Nazareth n'est pas seulement le Maître qui montre la route : Il est Lui-même le Royaume, Il le porte en Lui dans toute sa plénitude. Le chrétien peut renier le Royaume dans la mesure où, avant la transfiguration complète de sa nature humaine, il mène encore une vie double ; n'appartenant au Royaume qu'en partie, il appartient encore en partie à l'ancien ordre des choses, non transfiguré. Il en va autrement du Christ : Il est tout entier Royaume, il n'y a en Lui aucune autre vie, et renier le Royaume signifierait pour Lui se renier Lui-même. Et Paul, semble-t-il, appelle Timothée comme tous les autres chrétiens à ressembler au Christ précisément dans cette plénitude, dans la plénitude de la vie du Royaume.