RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 2Tm 1:1-18

En commençant sa seconde épître à Timothée, Paul lui rappelle de nouveau ce qui constitue le fondement du christianisme, non comme nouvelle religion, mais comme vie nouvelle dans le Royaume, dont Timothée est appelé à témoigner comme Paul lui-même, arrêté pour ce témoignage (v. 8-11). Comme on le voit, le christianisme pour l'apôtre n'est pas un nouvel enseignement, mais un nouveau témoignage, qui pourtant s'avère être le témoignage de ce qui avait été conçu par Dieu depuis le commencement des temps. Paul demeure ici encore fidèle aux représentations traditionnelles du Messie et du peuple de Dieu qui supposaient que le Messie comme le peuple faisaient partie du plan de Dieu avant même la création du monde. Mais maintenant l'apôtre met particulièrement en relief ce qui constitue le sens du dessein de Dieu au sujet du peuple de Dieu : la sanctification des fidèles et, par eux, du monde entier (v. 9 ; l'expression grecque correspondante peut signifier non seulement « saint appel », mais aussi « appel à la sainteté », c'est-à-dire à la sanctification et à une vie sanctifiée).

Une telle représentation de la mission du peuple de Dieu faisait partie de la tradition rabbinique de l'époque évangélique ; Paul l'étend au Royaume et au nouveau peuple de Dieu, en y rattachant les représentations, remontant aux prophètes tardifs, du reste messianique, qui est pour lui l'Église. Il n'est pas étonnant que le témoignage rendu au Royaume soit pour l'apôtre inséparable de l'action de ce souffle (« esprit ») de Dieu qui donne à l'homme force, amour et chasteté, le délivrant de la peur (v. 7). Bien sûr, Paul parle ici des dons spirituels reçus par Timothée lors de l'imposition des mains ; mais, d'autre part, il rappelle aussi l'éducation spirituelle que Timothée a reçue dans sa maison natale, et les efforts auxquels l'apôtre appelle son disciple afin qu'il ne perde pas les dons reçus de Dieu (v. 3-6).

Comme on le voit, le témoignage est une œuvre divino-humaine : Dieu donne à l'homme ce qui lui est nécessaire pour cela, et l'homme, de son côté, prend la responsabilité d'accueillir et de garder le don de Dieu, en lui permettant de se manifester dans toute sa plénitude. De se manifester en toutes circonstances, même lorsque le témoignage est lié à la confession de foi ou au martyre. Car la vie du Royaume est plus grande que la vie de notre monde encore non transfiguré, et tout témoin authentique le sait.