RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 3:7-19

Le choix des apôtres chez Marc est présenté comme une partie du ministère terrestre du Sauveur, de Son chemin terrestre. L'accent principal est alors mis sur les guérisons et les purifications, ce qui n'a rien d'étonnant : car la guérison et la libération des forces obscures sont précisément les principales manifestations, dans le monde déchu, du Royaume, de son souffle, de sa force. Sur un tel fond, le sens de l'appel des apôtres et le sens de leur ministère deviennent particulièrement évidents.

« Apôtre » signifie littéralement « envoyé ». Aux temps évangéliques, le ministère des apôtres était communautaire : il s'agissait en règle générale de représentants de telle ou telle communauté envoyés vers d'autres afin de témoigner de quelque chose d'important arrivé dans la communauté qui avait envoyé les apôtres. Il pouvait s'agir d'un miracle, d'une prophétie importante, ou en général d'un événement dont la portée spirituelle dépassait les limites de la communauté où il s'était produit.

Dans le cas présent, cet événement était la venue du Messie et le fait que le Royaume, selon Sa propre parole, « s'était approché ». Ce Royaume approché, prêt à entrer dans notre monde, était le principal événement que devaient annoncer les apôtres envoyés par Jésus. Des paroles seules, toutefois, ne suffisaient pas : il fallait témoigner par des actes que le Royaume était réellement proche.

Ces actes furent les guérisons accomplies par les apôtres avec la force de leur Maître : elles témoignaient que la force du Royaume n'appartient pas seulement à Celui qui l'a apporté dans le monde, qu'elle peut se manifester à travers chacun de ceux qui ont rapport au Royaume et à sa vie. Si seul le Sauveur Lui-même avait pu accomplir des miracles et des guérisons, cela aurait signifié que Lui, comme Dieu-homme possédant une nature tout à fait particulière, avait apporté dans le monde quelque chose qui ne peut véritablement appartenir qu'à Lui et à personne d'autre.

Mais si Ses disciples peuvent accomplir les mêmes miracles et les mêmes guérisons, cela signifie qu'eux aussi peuvent devenir habitants du Royaume, qu'ils peuvent devenir, bien sûr à la mesure de leur plénitude humaine, semblables à Lui, vivre d'une même vie avec Lui, qui ne sera pas qualitativement différente de Sa vie. Une telle perspective ouvrait la possibilité non seulement d'une participation temporaire de l'homme à la vie du Royaume, mais de la transfiguration complète de la nature humaine elle-même, qui fera de l'homme un habitant du Royaume non seulement par participation, mais aussi par nature ; et donc le Royaume et sa vie seront donnés à l'homme non pour un temps, mais pour toujours.